Dire et faire la nation. Histoire transnationale des usages sociaux et politiques d'un concept (1848-1870)
| Auteur / Autrice : | Corentin Marion |
| Direction : | Patrick Farges, Willibald Steinmetz |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2020 |
| Etablissement(s) : | Université Paris Cité en cotutelle avec UNIVERSITE DE BIELEFELD |
| Ecole(s) doctorale(s) : | 624 - SCIENCES DES SOCIETES |
| Partenaire(s) de recherche : | Equipe de recherche : UMR 8264 - ECHELLES |
Résumé
Le concept de nation est, au milieu du XIXe siècle, une pierre d’achoppement majeure entre différentes visions du monde : jusqu’où s’étend la nation, qui inclut-elle et qui exclut-elle, quelle place doit-elle avoir dans le fonctionnement politique des États et sur quel(s) critère(s) la faire reposer ? Cette thèse analyse les usages de la nation et de son champ sémantique par les acteurs parlementaires. Appuyée sur une approche dynamique et processuelle, elle permet de retracer les groupes sociaux, projets politiques, réseaux et croisements transnationaux qui sous-tendent la mobilisation du « vocabulaire national ». À partir d’une étude des débats parlementaires et d’une analyse sociale des députés, il s’agit de suivre les réseaux de sens de la nation, des débats constitutionnels jusqu’aux constructions impériales et coloniales en passant par les éclats révolutionnaires et les conflits armés au cœur même d’une institution qui construit la nation. Cette thèse étudie comment les concepts du vocabulaire national sont employés, à quelle fin, par qui et à quels moments. Elle se concentre principalement sur la France et l’espace germanique des révolutions européennes de 1848 jusqu’à la guerre franco-allemande de 1870, dans une approche comparée, et connectée. Cette dernière permet de mettre à jour des croisements transnationaux qui se déploient à une large échelle : du Mexique à la Pologne, des États-Unis au sud-est de l’Europe, en passant par l’Italie, l’Autriche, la Belgique, la Suisse et la Grande-Bretagne. Ces circulations de concepts et d’hommes sont au centre des transformations de la nation au moment même où celle-ci s’enracine dans le vocabulaire politique et dans les sociétés européennes.