Jardins et jardinages à l'ère des préoccupations environnementales : par-delà nature, culture et cosmos. Une comparaison France-Chine.
| Auteur / Autrice : | Kan Shen |
| Direction : | Pascal Ducournau |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2021 |
| Etablissement(s) : | Besançon, Université Marie et Louis Pasteur |
| Ecole(s) doctorale(s) : | SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de Sociologie et d'Anthropologie de l'UFC |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Un ensemble de travaux anthropologiques ont pu mettre en avant le fait qu'il existait un rapport très particulier entre l'homme et la nature au sein des sociétés européennes se distinguant de celui qu'on peut observer ailleurs dans les sociétés amérindiennes (Descola, 1986) ou asiatiques par exemple (Vandermeersch, 2000). Cependant, ces différences ne sont peut-être pas aussi figées que l'on pourrait le croire à un premier abord : d'une part, il peut exister des types de rapports qui se retrouvent d'une société à l'autre (Stépanoff, 2018 et 2019) ; d'autre part, la montée des préoccupations environnementales dans de très nombreuses sociétés est susceptible de modifier ces rapports à la nature, et de faire éventuellement apparaître des convergences. Les sociétés européennes paraissent classiquement se signaler par un dualisme séparant et opposant nature et culture, humains et non-humains. Ces deux entités sont généralement identifiées comme étant des réalités d'ordre différent et comme ayant des relations fondées sur inégalité de statut et l'absence de communication. Humains et non-humains étant perçus comme ontologiquement différents, il est attendu qu'une relation de subjectivation puisse s'exercer de la part des uns sur les autres. Même s'il existe de multiples déclinaisons de ce dualisme, il est caractéristique du « naturalisme occidental » d'après Ph. Descola qui est la chose la moins bien partagée du monde (Descola, 2005, p.70) En effet, la perspective sera tout autre dans le cas de sociétés amérindiennes ou asiatiques. Homme et nature ne sont pas distingués par exemple en Asie dans la mesure où ils font tous deux parties d'un même « cosmos ». C'est par exemple ce dont rend compte l'expression chinoise tiān rén hé yī (天人合一), désignant la fusion entre le Ciel et l'Homme, et l'harmonie entre l'Homme et la Nature, qui se retrouve dans de nombreux courants philosophiques traditionnels en Asie, tels que le confucianisme, le taoïsme et le bouddhisme (Fei, 2002). Quelles peuvent être les conséquences des préoccupations environnementales sur ces définitions de l'humain, du naturel et de leurs rapports a priori très différentes ?