Au seuil de la ville : une contribution à l'approche géographique de l’accès
| Auteur / Autrice : | Armand Pons |
| Direction : | Christophe Enaux |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Géographie et aménagement |
| Date : | Inscription en doctorat le 11/09/2021 |
| Etablissement(s) : | Strasbourg |
| Ecole(s) doctorale(s) : | ED 413: Sciences de la Terre et de l'Environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Image, Ville, Environnement |
Mots clés
Résumé
Les mobilités quotidiennes constituent sans doute l’une des expressions les plus tangibles des inégalités sociales, comme en témoigne la récurrence des controverses qu'elles animent dans le champ politique local. Pourtant, évaluer les déterminants de ces disparités soulève divers problèmes d’ordre méthodologique et épistémologique. La littérature des dernières décennies établit notamment que mesurer le potentiel d’accès — plutôt que les trajets réellement effectués — permettrait de mieux prioriser les individus dont la mobilité est fortement limitée, à l’échelle de leur corps comme à celle de leur environnement. Dans cette veine, les chapitres liminaires de ma thèse combinent une revue des théories de l'accès à une synthèse des paradigmes sur lesquels elles se fondent, à savoir la justice distributive, l’autonomie et la reconnaissance des situations de handicap. Cette réflexion conduit à interroger la régulation des mobilités urbaines au regard des dissonances entre mesures statistiques et expériences vécues des déplacements. Les parties empiriques suivantes cherchent donc à mieux articuler la compréhension qualitative des contraintes d'accès et l’évaluation des inégalités. Pour ce faire, elles déploient une approche scalaire multisituée de la mise en accessibilité des villes. Deux études de cas éprouvent d'abord quelques indicateurs d’accessibilité agrégés au niveau des quartiers : la première propose une analyse spatiale de situations périurbaines autour de Lyon ; la seconde explore comment la rareté relative des services médicaux restreint l’accès aux soins dans des zones densément peuplées. Le dernier volet s'appuie sur une méthodologie participative mise en œuvre à Strasbourg et à Bruxelles afin de saisir les configurations territoriales régissant “l'intégration” des personnes à mobilité réduite. L'enquête repose sur l'observation simultanée de trois groupes d’acteurs prenant part à la gouvernance des transports publics : les opérateurs, les autorités administratives, et les organisations défendant les droits des personnes handicapées. Dans un premier temps, une série de quarante-huit entretiens et parcours commentés rapporte les perceptions d'entraves communément rencontrées par les usagers. Des fichiers GTFS ainsi que des données ayant trait aux espaces publics sont ensuite mobilisés pour le développement d’un atlas interactif. L'interface visualise les effets conjugués de lacunes infrastructurelles et de limitations sensorielles sur les conditions du mouvement. En définitive, ce travail questionne l’usage de ces perspectives comme outils de plaidoyer au service d'associations citoyennes.