Modélisation linguistique, sémantique et cognitive des incongruités et discontinuités dialogiques dans l'interaction avec le patient schizophrène.(Étape préalable à l'élaboration d'un outil informatisé à visée prodromique et diagnostique).

par Samuel Buchel

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Michel Musiol et de Maxime Amblard.

Thèses en préparation à l'Université de Lorraine , dans le cadre de École doctorale SLTC - Sociétés, Langages, Temps, Connaissances (Lorraine) , en partenariat avec INTERPSY - Laboratoire de psychologie de l'interaction et des relations intersubjectives (laboratoire) depuis le 14-11-2019 .


  • Résumé

    Selon l'OMS, les psychoses chroniques et plus particulièrement la schizophrénie comptent parmi les 10 premières causes de handicap. Elle touche plus de 600 000 personnes en France, soit 20 % des hospitalisations psychiatriques. Les troubles schizophréniques surviennent généralement entre 15 et 35 ans. De manière conventionnelle, on considère qu'une personne est porteuse de schizophrénie à partir du premier épisode psychotique franc diagnostiqué à partir des manifestations symptomatologiques décrites dans le DSM-V. Les troubles schizophréniques se caractérisent par l'apparition d'une triade symptomatique composée de symptômes positifs ou productifs (idées délirantes ou hallucinations), de symptômes négatifs (apragmatisme, pauvreté des affects, retrait social) et enfin, de symptômes de désorganisation (perte de cohésion et d'unité des pensées, du discours, des affects ou du comportement). Cependant, la grande variabilité de l'expression de ces symptômes rend le diagnostic de cette pathologie très complexe. En effet, il est difficile de trouver des caractéristiques ou traits partagés par l'ensemble des individus qui présentent ce diagnostic (Heinrichs, 1993) et aucun signe pathognomonique, c'est à dire spécifique à ce trouble, n'a pu être décrit jusque-là de manière certaine (Musiol, 2009). Ce manque d'éléments diagnostiques fiables a pour conséquence un retard dans le diagnostic des patients (un à cinq ans en moyenne), ce qui a de graves répercussions sur leur fonctionnement et leur capacité d'amélioration. De plus, on sait aujourd'hui qu'il existe des personnes présentant un risque particulier de développer une psychose et que celles-ci peuvent être repérées grâce à certains symptômes, notamment d'ordre neurocognitif. Cependant, là aussi, le manque d'éléments diagnostiques fiables est à noter. L'objectif de cette recherche est justement de tenter de répondre à ce manque d'éléments diagnostiques fiables dans le contexte de la schizophrénie.

  • Titre traduit

    Linguistic, semantic and cognitive modelling of dialogical incongruities and discontinuities in the interaction with the schizophrenic patient.(Preliminary step to the development of a computerized tool for prodromal and diagnostic purposes).


  • Résumé

    According to the WHO, chronic psychosis, and more specifically schizophrenia, are among the 10 first causes of disabilities. It affects more than 600 000 individuals in France, namely 20% of psychatric hospitalizations. Schizophrenic disorders generally occur in a 15 to 35 age rang. Conventionally, an individual is considered a schizophrenia carrier from the first manifest psychotic episode diagnosed out of symptomatological manifestations described in the DSM-V. Schizophrenic disorders are characterized by the emergence of a symptomatic triad consisting of : positive or productive symptoms (incoherent thoughts or hallucinations), negative symptoms (apragmatism, blunted emotional responses, social withdrawal) and disorganizational syndroms (loss of cohesion and unity in the thoughts, speech, affects and behavior areas). Nonetheless, the great variability of these symptoms' expression makes the pathology very complex to diagnose. Indeed, it is difficult to establish a basis of characteristics shared by all the individuals concerned by this diagnosis (Heinrichs, 1993). No pathognomonic sign, meaning specific to this disorder, has been described with certainty yet (Musiol, 2009). This lack of reliable diagnostic elements consequently delays the patient's diagnosis (one to five years on average), which has serious repercussions on their functioning and their improving abilities. Furthermore, it is aknowledged that some people present a specific risk of developing a psychosis and that the latter can be detected thanks to some symptoms, especially neurocognitive ones. However, here again, the lack of reliable diagnostic elements is to be observed. The aim of this research is to overcome this lack of reliable diagnostic elements in relation to schizophrenia.