L'émergence des thématiques « apocalyptiques » dans le discours politique en France (2015-2020)

par Joseph Gotte

Projet de thèse en Sciences de l'Information et de la Communication

Sous la direction de Claire Oger.

Thèses en préparation à Paris 12 , dans le cadre de Ecole doctorale Cultures et Sociétés , en partenariat avec CEDITEC - Centre d'Etude des Discours, Images, Textes, Ecrits, Communications (laboratoire) depuis le 30-11-2020 .


  • Résumé

    Fréquentes au départ dans les discours religieux, puis plus tardivement dans les œuvres culturelles, les références à la fin du monde ou à la fin d'un monde – longtemps perçues comme mystiques et mythiques – semblent se multiplier ces dernières années dans les discours de personnalités scientifiques et politiques. Cette émergence (ou réémergence) des thématiques « apocalyptiques » chez ces acteurs serait le résultat, en partie du moins, de la prolifération des contributions relatives à l'idée « d'Anthropocène ». Néologisme introduit par deux scientifiques (Stoermer, Crutzen 2000), puis popularisé par les mouvements « collapsologues », « effondristes » et « survivalistes », il fait également son apparition, depuis 2019 notamment, dans les prises de parole d'élus politiques ou d'organisations militantes, comme celles de Delphine Batho, Yves Cochet, François Ruffin ou encore d'Europe Écologie les Verts. Ancré dans la discipline de l'analyse du discours, l'objectif de ce travail est de mieux appréhender les modalités selon lesquelles les thématiques « apocalyptiques » se sont progressivement imposées dans les discours d'acteurs politiques, mais aussi la manière dont ces différents discours s'organisent, se différencient et se répondent entre eux. À partir de l'étude d'un corpus hétérogène (essais, manifestes, publications sur les réseaux sociaux numériques, discours journalistiques), mais aussi d'entretiens et d'observations, la notion de « dialogisme » (Bakhtine 1978) sera convoquée afin de comprendre les relations qu'entretiennent ces discours avec d'autres énoncés – qu'ils soient antérieurs ou à venir. Prenant départ en 2015 et se concluant en 2020, l'étude s'intéressera, en outre, à la façon dont les locuteurs mobilisent, dans leur discours, les références aux crises contemporaines – qualifiées de « sécuritaires », « environnementales », « sanitaires » ou encore « d'économiques ».

  • Titre traduit

    The rise of apocalyptic themes in political discourse in France (2015-2020)


  • Résumé

    Traditionally common in religious discourse, then later on in cultural works, references to the end of the world or the end of an era (long perceived as mystical and mythical) seem to appear with increasing frequency in the speeches of scientists and politicians. This rise (or renewal) of apocalyptic themes in those arenas could be the result, at least partially, of a concept that has proved successful, named “Anthropocene”. Introduced by two scientists (Stoermer, Crutzen 2000), then popularized by the “collapsologist” and “survivalist” movements, this neologism has also appeared, since 2019 in particular, in the speeches of French elected officials or activist organizations, such as those of Delphine Batho, Yves Cochet, François Ruffin and even “Europe Écologie les Verts” (French green party). Rooted in the field of discourse studies, the aim of this work is to observe how apocalyptic themes have made their way into political discourse, but also the manner in which these discourses organize, differentiate themselves, and respond to one another. On the basis of a heterogeneous corpus (essays, manifestos, social media posts, newspapers), but also interviews and observations, the concept of “dialogism” (Bakhtine 1978) is considered as a main framework, in order to understand the interactions that connect these discourses with other statements, whether they are in the past or to come. Starting in 2015 and ending in 2020, this study will also focus on the ways in which speakers make reference to contemporary crises – qualified as “security”, “environmental”, “health” or “economic” in their speeches.