Production de neige et soutenabilité des systèmes socio-hydro-écologiques de montagne
Auteur / Autrice : | Jonathan Cognard |
Direction : | Yves Schaeffer, Hugues François |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Sciences économiques |
Date : | Soutenance le 15/10/2024 |
Etablissement(s) : | Université Grenoble Alpes |
Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale sciences économiques |
Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Ecosystèmes et sociétés en montagne (Grenoble, Isère, France ; 2018-....) |
Jury : | Président / Présidente : Marielle Montginoul |
Examinateurs / Examinatrices : Sandrine Anquetin, Philippe Roman | |
Rapporteurs / Rapporteuses : Marielle Montginoul, Nicolas Peypoch |
Mots clés
Résumé
Le tourisme hivernal est d’une importance économique majeure pour les territoires de montagne. L’enneigement naturel se raréfie sous l’influence du changement climatique.En réponse, les stations produisent de plus en plus de neige, ce qui implique d’importants prélèvements d’eau. Cette situation pourrait engendrer des conflits avec d’autres usages de l’eau et les écosystèmes de montagne. À travers trois articles, cette thèse vise à contribuer à la littérature scientifique étudiant les implications économiques, hydrologiques et écologiques de la production de neige. Elle vise plus particulièrement à analyser le lien entre la production de neige et la soutenabilité des systèmes socio-hydro-écologiques des territoires de montagne, en adoptant une perspective interdisciplinaire et en mobilisant des méthodes aussi bien économétriques que mixtes et systémiques. Dans un premier article, nous avons analysé l’effet de la croissance de la production de neige sur la performance économique des stations de sports d’hiver, afin de comprendre si cette stratégie permettait ou non d’adapter l’économie des territoires de montagne au changement climatique. Dans un second article, nous avons étudié l’effet de la capacité de stockage des retenues d’altitude sur les prélèvements en eau pendant la période d’étiage, pour évaluer si elles permettent d’en diminuer les impacts hydroécologiques associés à la production de neige. Dans le dernier article, nous avons développé un cadre d’analyse localisé et biocentré pour étudier la coexistence des usages de l’eau avec la production de neige dans les systèmes socio-hydro-écologiques de montagne. Nous avons appliqué ce cadre au territoire de Gresse-en-Vercors, que nous avons renseigné à partir de données à la fois quantitatives et qualitatives.Nos résultats montrent, premièrement, que l’accumulation des investissements dans la production de neige n’a pas d’effet significatif sur le chiffre d’affaires et l’excédent brut d’exploitation des stations de sports d’hiver, y compris durant les hivers les moins bien enneigés. Cela remet fortement en question le fait que la croissance de la production de neige puisse adapter l’économie des territoires de montagne au changement climatique.Deuxièmement, nous montrons que l’augmentation des capacités de stockage de l’eau dans des retenues d’altitude accroît les prélèvements pendant la période d’étiage et en dehors. Cela implique que les retenues d’altitude augmentent les pressions hydroécologiques de la production de neige, contrairement à ce qui est soutenu par les éco engagements promus par Domaines skiables de France. Enfin, nous montrons comment caractériser le système socio-hydro-écologique lié aux prélèvements d’eau pour la production de neige, et nous démontrons que, dans le cas de Gresse-en-Vercors, la production de neige représente une menace faible à modérée pour les usages de l’eau humains et non-humains.