The Elephant in the Feed. Trois essais sur le cadrage, la circulation des récits et le pouvoir discursif dans les débats sur l'immigration sur les réseaux sociaux français
| Auteur / Autrice : | Katharina Tittel |
| Direction : | Ettore Recchi, Jean-Philippe Cointet |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2020 Soutenance le 30/01/2026 |
| Etablissement(s) : | Paris, Institut d'études politiques |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École de la recherche de Sciences Po (Paris ; 1995-....) |
Résumé
Cette thèse analyse la production et la circulation de récits sur l’immigration, ainsi que le pouvoir discursif de différents acteur·ices au sein du système médiatique hybride français. Mobilisant une approche mixte, elle combine une analyse computationnelle de la couverture médiatique et des données issues de X avec des entretiens avec des contributeur·ices clés. À travers trois articles, elle interroge les mécanismes qui rendent certaines voix audibles, ainsi que le rôle de l’idéologie, des logiques institutionnelles, et des inégalités intersectionnelles dans la fabrication des cadres interprétatifs. L’article 1 étudie la construction discursive et visuelle de la figure du « migrant » et son articulation avec les pratiques institutionnelles, à partir des campements urbains de la région parisienne. Il met en évidence la manière dont de jeunes hommes racisés précarisés deviennent une image hypervisible de « l’immigration », sous l’effet des logiques médiatiques et institutionnelles. L’article 2 explore la circulation des contenus sur X. Il révèle une forte asymétrie d’activité sur le spectre idéologique : les utilisateur·ices de droite, particulièrement actif·ves, amplifient à la fois des sources mainstream et plus marginales pour déplacer les frontières du débat et légitimer des propos excluants. L’article 3 examine l’inégale répartition du pouvoir discursif sur X entre professionnel·les des médias et politiques et contributeur·ices non institutionnel·les. Il distingue un pouvoir discursif constant exercé par l’extrême droite et les professionnel·les, et un pouvoir discursif épisodique : lors de moments isolés, de jeunes personnes racisées ou issues des classes populaires touchent un large public, souvent par la critique ironique, au prix d’une exposition accrue aux violences identitaires.