Thèse soutenue

Engagements et trajectoires transnationales : une micro-histoire des soldats du 21e RMVE (1939-1950)

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Auteur / Autrice : Marion Gros
Direction : Claire ZalcSandrine Kott
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et civilisations
Date : Soutenance le 16/02/2026
Etablissement(s) : Paris, EHESS en cotutelle avec Université de Genève (Genève, Suisse). Faculté des sciences
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales
Jury : Président / Présidente : Béatrice Joyeux-Prunel
Examinateurs / Examinatrices : Béatrice Joyeux-Prunel, Guillaume Piketty, Davide Rodogno, Diego Gaspar Celaya, Claire Miot
Rapporteurs / Rapporteuses : Guillaume Piketty, Davide Rodogno
DOI : 10.70675/9ddbb0e1z3995z431czbb33z18ab39171879

Résumé

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Entre septembre 1939 et mai 1940, près de 2800 étrangers s’engagent pour la durée de la guerre dans l’un des trois Régiments de marche de volontaires étrangers (RMVE). Les 21e, 22e et 23e RMVE sont instruits au camp du Barcarès, créé sur une plage des Pyrénées-Orientales pour accueillir les réfugiés de la Retirada. Ils rassemblent principalement des républicains espagnols et des Juifs d’Europe de l’Est ou d’Allemagne qui font fui et/ou combattu les régimes autoritaires dans leur pays pendant l’entre-deux-guerres. Cette thèse vise à analyser les déterminants, les modalités et les effets de l’engagement des soldats du 21e RMVE en reconstituant leurs trajectoires transnationales entre 1939 et les années 1950. À partir d’une perspective micro-historique et prosopographique, elle interroge les spécificités de cette unité par les hommes qui la composent pour aller au-delà de l’image dominante présentant les RMVE comme des corps d’antifascistes volontairement distingués de la Légion. Elle examine l’élaboration du cadre législatif par les autorités politiques et militaires puis la mobilisation des recrues étrangères. En confrontant les profils migratoires des soldats ainsi que leurs discours aux contraintes qui pèsent sur ces acteurs et aux ressources dont ils disposent, cette thèse complexifie le regard sur les motivations d’engagement au profit d’une analyse intersectionnelle des déterminants sociaux et contextuels. Au-delà des motifs, elle s’intéresse particulièrement à ce que vivent les engagés et à la manière dont ils agissent ou donnent du sens à leur enrôlement, entre quotidien sous les drapeaux et conséquences de cet acte sur leurs conditions de vie et leurs parcours. De la signature du contrat à la revendication de droits après 1945, en passant par les combats, la déportation et la résistance, elle montre que l’engagement, ainsi saisi comme une expérience sociale, peut influencer les trajectoires des soldats après juin 1940. Enfin, en examinant l’expérience commune des hommes du 21e RMVE parmi l’ensemble de l’armée française, cette thèse ne vise pas à expliquer la défaite mais à étudier comment elle a été vécue et interprétée par soldats et officiers. Inspiré par les travaux sur l’expérience combattante en 1914-1918 et les sorties de guerre, ce travail restitue l’épaisseur de la campagne de France et de l’armistice sans réduire ces événements aux traumatismes causés par la débâcle. À partir de l’étude du 21e RMVE, cette thèse contribue ainsi à renouveler le regard sur l’histoire de la Légion étrangère et du volontariat armé international, tout en apportant un éclairage « par le bas » sur l’histoire de la drôle de guerre et des combattants de mai-juin 1940.