Thèse en cours

Nathalie Quintane, une "critique intégrée"

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Auteur / Autrice : Quentin Cauchin
Direction : Gilles BonnetBenoît Auclerc
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Lettres mention langue et littérature françaises
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2020
Etablissement(s) : Lyon 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon)

Résumé

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Trente années se sont (presque) écoulées depuis les premiers textes publiés de Nathalie Quintane (les feuilles A3 de RR, une revue qu’elle créé avec Christophe Tarkos et Stéphane Bérard à Marseille, commencèrent à paraître en 1993). Poétesse en rupture de poésie (écrivant toujours compte tenu du poème, de son histoire, de ses acquis critiques, mais rarement avec lui), Nathalie Quintane est à la tête d’un laboratoire prosaïque, regorgeant de toutes sortes de formes singulières (romans étranges, enquêtes perturbantes et perturbées, aphorismes candides, essais incertains, pièces de théâtre radiophonique, livre de film, samplings ou montages postpoétiques), pourvues qu’elles débordent des frontières génériques et qu’elles sabotent les modèles anciens (les siens, ceux des ainés aussi). Héritière (et renégociatrice) de la grande leçon pongienne, récusant la séparation entre la rhétorique et l’action (ce qui coexiste aussi dans l’entreprise quintanienne avec une multitude de points d'appui qu’il s’agira de préciser), le travail poétique constitue chez elle toujours et déjà un instrument politique : de l’attention aux objets ou aux sujets délaissés, à l’épluchage de la langue (questionnant l’emprise qui pèse sur elle, ses automatismes, sa normativité insidieuse), jusqu’à la lutte contre l’usure lexicale et au combat pour restituer de la profondeur, de la complexité, pour réinséminer de la nuance et du doute là où trônerait une clarté de surface. En privilégiant une approche minutieuse d’un corpus qui se veut représentatif du chemin tracé par Quintane depuis trente ans, et avec une méthode essentiellement fondée sur l’analyse de textes, l'étude monographique qui suit propose d'explorer les lignes de continuité et les mutations, les cohérences et les contradictions, les apaisements et les points de tension qui s'expriment dans un rapport constamment renouvelé à la question politique de la langue et des formes, qu'ils témoignent de la singularité d'une œuvre ou d’une série de reconfigurations du champ poétique et littéraire au cours des trois dernières décennies.