L'héritage de Stace dans la poésie latine tardive : permanences et innovations (IVe s.-VIe s. apr. J.C.)
| Auteur / Autrice : | François Mottais |
| Direction : | Étienne Wolff, François Ploton-Nicollet |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Langues et littératures anciennes |
| Date : | Soutenance le 20/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : ArScAn. Archéologies et sciences de l'Antiquité (Nanterre ; 1999-....) - Archéologies et Sciences de l'Antiquité / ArScAn |
| Jury : | Président / Présidente : Bénédicte Delignon |
| Examinateurs / Examinatrices : Étienne Wolff, François Ploton-Nicollet, Bénédicte Delignon, Gaëlle Herbert de la Portbarré, François Ripoll, Vincent Zarini | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Gaëlle Herbert de la Portbarré, François Ripoll | |
| DOI : | 10.70675/27e70faez9e47z483czb672z8e8efe17a96a |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse de doctorat est dédiée à l’étude de l’influence de Stace chez les poètes de la latinité tardive. L’héritage de l’ensemble des œuvres du poète napolitain (Thébaïde, Achilléide, Silves) est ainsi considéré, chez des auteurs des IVe, Ve et VIe siècles. Ce travail est divisé en trois parties, la première étant consacrée à la réception de trois sous-genres représentés dans les Silves, l’épithalame (I), le généthliaque (II) et l’épicède (III). Leur influence est inégale : tandis que l’épithalame a connu un très net succès, le généthliaque apparaît comme un genre légèrement moins pratiqué. L’épicède, pour sa part, survit au sein des épitaphes, mais la présence de Stace s’y exerce de manière moins forte que chez les deux précédents sous-genres. La seconde partie porte sur la thématique des valeurs. Sont d’abord étudiées les valeurs politiques prônées par les différents poètes pris en compte : la clementia du prince est étudiée dans un premier temps (IV), puis l’analyse se poursuit par un chapitre dédié aux techniques épidictiques employées par Stace et ses successeurs pour prononcer l’éloge du souverain (V). Cette seconde partie propose également une analyse de la continuité culturelle entre l’œuvre de Stace et celles des poètes latins tardifs : sont ainsi successivement analysés la figure d’Achille telle qu’elle apparaît dans l’Achilléide (VI), puis les citations de Stace chez les grammairiens tardifs (VII), et, pour finir, le succès de la représentation de certains phénomènes météorologiques précis proposée par Stace (VIII). La troisième partie est axée sur des questions esthétiques et débute par trois chapitres portant sur les liens entre l’homme et la nature tels que Stace les représente dans les Silves : sont étudiées les descriptions de villas (IX), de jardins (X) et de bains (XI). Le chapitre suivant est consacré au succès de la forme du catalogue, à travers les exemples des énumérations de marbres et de richesses (XII). Notre attention se tourne ensuite vers le succès de l’esthétique statienne de la merveille et du sublime, dans une étude axée sur la représentation des œuvres d’art (XIII), puis dans un chapitre centré sur la question des motifs macabres (XIV). Le dernier chapitre porte sur la représentation de l’inspiration poétique (XV).Les conclusions générales de cette thèse viennent conforter des éléments déjà esquissés par la recherche récente, en les systématisant. Le succès des Silves auprès de nombre d’auteurs tardifs se comprend à la fois d’un point de vue générique et d’un point de vue esthétique. Les œuvres épiques de Stace ne sont pas moins appréciées que les Silves par les poètes tardifs, qui les citent à de multiples reprises et qui en tirent des éléments rhétoriques ainsi que des idéaux politiques qu’ils transfèrent sans mal à la situation contemporaine. Les poèmes de Stace font ainsi l’objet d’une constante adaptation et d’une permanente remise au goût du jour, même si certains auteurs semblent l’avoir apprécié plus que d’autres. Les poètes chez qui l’influence du poète napolitain se fait la plus palpable sont des poètes de cour (Claudien, Mérobaude, Sidoine Apollinaire), mais l’on observe également de nettes retractationes chrétiennes de ses œuvres, notamment chez Prudence ou Paulin de Nole, par exemple. L’étude de la réception de Stace montre que son influence ne se traduit pas uniquement par des reprises mécaniques de formules verbales, mais qu’elle consiste également en un dialogue permanent avec les œuvres convoquées, adaptées par les auteurs tardifs pour correspondre aux nouveaux enjeux qui sont ceux de leur temps.