Thèse en cours

Réforme de l'Etat et modernisation du service public : l'évolution sui generis de l'Éducation nationale

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Auteur / Autrice : Marie Chamosset
Direction : Alexandre GuigueSandrine Andre-pina
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit Public
Date : Inscription en doctorat le 01/09/2019
Etablissement(s) : Chambéry
Ecole(s) doctorale(s) : Cultures Sociétés Territoires
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche en Droit Antoine Favre

Résumé

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L'organisation et le fonctionnement des services déconcentrés académiques connaissent depuis quinze années une transformation profonde, dont la création des régions académiques en 2015 constitue le pivot. Les réformes portant cette évolution des services déconcentrés de l'Éducation nationale modifient l'organisation, les compétences et les relations entre les différents acteurs ministériels et déconcentrés du système éducatif. Elles présentent des effets d'autant plus importants qu'elles emportent des modifications inédites sur un système éducatif déconcentré caractérisé par sa grande stabilité depuis la création, par le décret du 17 mars 1808, du recteur par Napoléon Bonaparte. L'institution académique a réussi à préserver son organisation et son mode de fonctionnement malgré les changements de régimes antérieurs à la Ve République et les profondes transformations que l'État français a engagées depuis 1945. Dans ce contexte la réforme territoriale des services déconcentrés de 2015, dans sa mise en œuvre au sein de l'Éducation nationale, présente un caractère singulier. Créant un recteur de région académique par le décret n° 2015-1616 du 10 décembre 2015 relatif aux régions académiques, la réforme initie une rénovation sans précédent du paysage déconcentré éducatif. La mise en place d'un échelon de région académique, préservant la strate académique, met en cause la répartition des compétences des autorités éducatives déconcentrées ainsi que les modalités de gouvernance éducative. Au sein de l'Éducation nationale, cette réforme présente la particularité d'une très grande progressivité, le décret de 2015 étant complété par plusieurs décrets en 2017 et en 2019, dont le très important décret n° 2019-1200 du 20 novembre 2019, sans que les textes parviennent à un aboutissement de la réforme. Au-delà des effets internes à l'Éducation nationale, la réforme ouvre les services académiques vers un alignement sur les préfectures, atténuant la frontière entre l'action éducatrice et la compétence préfectorale. Par le biais de la réforme territoriale des services de l'État de 2015 et l'harmonisation des services déconcentrés de l'État qu'elle impulse, les préfets ont l'opportunité de développer une autorité, à tout le moins une influence, sur les services déconcentrés éducatifs, jusque-là écartés de leur champ de compétence. L'évolution des services académiques et leur rapprochement croissant ave l'autorité préfectorale atténue les particularités de l'Éducation nationale qui en garantissaient historiquement l'indépendance par rapport aux autres ministères. Dix ans après la création de la région académique, la réforme territoriale des services de l'État appliquée à l'Éducation nationale semble figée dans un état intermédiaire témoignant de la difficulté de transposer une méthode de réforme préfectorale sur un ministère aussi vaste que l'Éducation nationale. Elle semble témoigner in fine du caractère organique et intrinsèque des particularités de l'Éducation nationale.