Thèse en cours

Des humains derrière l'intelligence artificielle. La sous-traitance du travail de la donnée entre la France et Madagascar

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Triangle exclamation pleinLa soutenance a eu lieu en 2024. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Clément Le ludec
Direction : Antonio CasilliPaola Tubaro
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences sociales et Management
Date : Soutenance en 2024
Etablissement(s) : Institut polytechnique de Paris
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'Institut polytechnique de Paris
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut interdisciplinaire de l'innovation - Sciences Économiques et Sociales
Equipe de recherche : NOS Numérique, Organisation et Société
Jury : Président / Présidente : Isabelle Berrebi-hoffman
Examinateurs / Examinatrices : Paola Tubaro, Caroline Datchary, Julia Velkovska, Francesca Musiani, Luke Stark
Rapporteurs / Rapporteuses : Caroline Datchary, Isabelle Berrebi-hoffman

Résumé

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Le développement effréné de l'intelligence artificielle suscite de plus en plus de craintes quant à ses impacts sur le travail et sur la société. Face aux inquiétudes liées à la fin du travail, nous prolongeons les perspectives de recherche ouvertes par la littérature en montrant que, derrière l'explosion récente des projets d'IA commerciales des pays du nord, on retrouve un nombre croissant de travailleurs de la donnée situés dans des pays du Sud. Notre thèse porte ainsi sur une des réalités les plus concrètes de l'IA : son rôle dans la division internationale du travail. Nous nous intéressons plus spécifiquement aux modèles développés dans un contexte commercial en nous demandant comment sont-ils fabriqués et quelles sont leurs conséquences sur le travail ? Nous nous appuyons sur des données originales provenant d'une enquête par questionnaire et par entretiens réalisée auprès de l'ensemble des acteurs de la chaîne de production des SIA français. En France d'abord, nous avons interrogés des concepteurs de modèles et des utilisateurs de systèmes d'IA. A Madagascar ensuite, où nous avons questionnés des travailleurs des données et des dirigeants d'entreprises de sous-traitance spécialisée dans cette activité. Notre thèse articule alors quatre niveaux d'analyses. L'étude de l'organisation du travail de l'IA sous l'angle des mécanismes de sous-traitance du secteur de l'IA. Nous montrons que, même s'ils opèrent à distance, les travailleurs sont fortement intégrés au processus de production, ce qui s'explique par la nécessaire maîtrise de la qualité des données et donc des modèles d'IA. L'analyse des conséquences de l'IA sur le travail de part l'examen des activités externalisées essentielles à son développement. Cette partie nous permet de montrer qu'il s'agit d'un travail qualifié qui s'inscrit dans un secteur offrant de nombreuses activités "complémentaires" qui suppléent le fonctionnement des modèles d'IA. Nous montrons également que cette industrie opère dans un contexte post-coloniale qui laisse apparaître un "extractivisme de données" synonyme de la mise en place d'une véritable "chaîne de précarité globale". Nous contribuons finalement à la sociologie de l'IA, en analysant ce que le travail de l'IA explique du fonctionnement de l'intelligence artificielle, notamment en matière de "biais".