Qui veut la peau de maitre renard ? Etude socio-anthropologique de la controverse autour de la gestion du renard roux (Vulpes vulpes) dans le Doubs
| Auteur / Autrice : | Nathan Debayle |
| Direction : | Florent Schepens |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sociologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 19/11/2020 |
| Etablissement(s) : | Besançon, Université Marie et Louis Pasteur |
| Ecole(s) doctorale(s) : | SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de Sociologie et d'Anthropologie de l'UFC |
Mots clés
Résumé
Animal ambivalent, le renard roux a vu son caractère de « gêneur » s'exacerber au cours de la période rabique (1925-1998) (Baron, 2019), jusqu'à incarner, dans les représentations et les politiques publiques, la figure du « nuisible ». À partir des années 1970, cependant, la critique de cette notion portée notamment par les mondes environnementalistes et universitaires (Micoud,1993) ouvre la voie à des discours et mobilisations en faveur de sa réhabilitation. Dans le Doubs, ce mouvement est renforcé par des facteurs locaux comme l'éradication de la rage par la vaccination et la reconnaissance du rôle du renard comme auxiliaire de lutte contre les pullulations de campagnols. En 2018, une mobilisation de défenseurs du renard dans le Doubs contribue à raviver et à cristalliser des débats anciens autour de son classement, aboutissant à une controverse qui prendra la forme d'un « consortium » d'acteurs hétérogènes représentants et techniciens cynégétiques, agricoles, environnementalistes et scientifiques réunis autour du programme de recherche-action participatif CARELI, visant à comparer sur dix ans les effets de statuts différenciés du renard (espèce « protégée » versus « chassable »/ESOD). La thèse s'intéresse ainsi aux requalifications (Magnin, 2024) du renard roux, entendue comme des « opérations de transformation des valeurs sociales » (Ibid.) qui lui sont attachées, portée par des acteurs hétérogènes du champ environnemental (chasseurs, agriculteurs, environnementalistes, membre du programme de recherche). Suivre cette requalification permet d'observer une redéfinition des juridictions (Abbott, 1988) entre les mondes sociaux impliqués dans la gestion de la faune sauvage. La controverse autour de son classement révèle les luttes de légitimité, les incertitudes scientifiques, normatives et politiques qui traversent la gouvernance du vivant, et conduit à interroger une question centrale : à qui revient la gestion du renard et selon quelles modalités ?