Inférence active et géométrie incarnée du mouvement humain : étude multimodale en IRMf du couplage perception-action
| Auteur / Autrice : | Eya Torkhani |
| Direction : | Giovanni De marco |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences du sport et du mouvement humain |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 15/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Sciences du sport, de la motricité et du mouvement humain (Gif-sur-Yvette, Essonne ; 2015-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Interdisciplinaire de Neurosciences, Physiologie et Psychologie : Activité Physique et Santé |
| Jury : | Président / Présidente : Sylvie Martin |
| Examinateurs / Examinatrices : Giovanni De marco, Stéphane Perrey, Rémy Guillevin, Daniel Bennequin, Malek Abidi, Jean-Noël Vallee | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Stéphane Perrey, Rémy Guillevin |
Mots clés
Résumé
Dans ce travail de thèse, les primitives géométriques du mouvement (Langlois, Bennequin & de Marco, 2024) servent de point dentrée pour articuler le principe dénergie libre et linférence active (Friston, 2010), et analyser comment les réseaux cérébraux et cérébelleux sajustent afin de stabiliser les modèles internes au sein de la boucle perceptionaction. Lhypothèse est que la complexité géométrique, la modalité sensorielle et la dynamique temporelle modulent linférence : plus la forme géométrique est complexe et lexécution lente, plus la coopération cortico-cérébelleuse sintensifie pour renforcer la précision des prédictions. Une tâche multimodale (haptique, tactile, visuelle) combinant trois formes géométriques (ellipse, infini, feuille de trèfle) et deux vitesses dexécution du mouvement a été étudiée en IRMf à laide de la modélisation causale dynamique (temporelle, spectrale) et de lanalyse multivariée de la connectivité fonctionnelle (MVPA-fc). Des indices cinématiques (jerk) et comportementaux (cadence, dispersion inter-pics) ont été intégrés comme covariables dans lanalyse de groupe (PEB/BMR/BMA), afin de relier les modulations de connectivité effective aux ajustements de gain et de précision sous-tendant les performances motrices et perceptives. Les principaux résultats montrent que le rythme lent dexécution engage un réseau distribué caractéristique dun contrôle prédictif et correctif, tandis que le rythme rapide privilégie un contrôle anticipatif plus localisé. La feuille de trèfle, forme la plus complexe, renforce le couplage cortico-cérébelleux, dans les modalités motrices comme visuelles, pour maintenir une précision temporelle et spatiale accrue. La variabilité directionnelle du jerk dans la feuille de trèfle signe un basculement hiérarchique : en haptique, SMA→M1 est renforcée, le feedback cérébelleux atténué, sans modulation crédible en tactile. Dans la modalité visuelle, laugmentation de la connectivité descendante SPL → V1 en fonction de la complexité géométrique est compatible avec une modulation attentionnelle de la précision sensorielle. Un parallèle net se dessine entre les tâches visuelle et motrice ; dans les deux cas, la dynamique temporelle met en évidence un renforcement des modèles internes et une coopération accrue entre des boucles feedforward et feedback, témoignant dune allostasie sensorimotrice commune. Enfin, les analyses spectrales de repos révèlent le maintien et le léger renforcement de boucles cortico-cérébelleuses et pariéto-visuelles organisées selon un gradient prédictif descendant, suggérant que les primitives perceptives et motrices sappuient sur une architecture commune de codage prédictif, sans distinction spécifique entre rythmes rapide et lent au repos. Pris dans leur ensemble, ces résultats indiquent que le couplage perceptionaction repose sur une architecture inférentielle commune, ajustant en continu la précision des signaux sensoriels et moteurs afin de réduire lincertitude et stabiliser laction.