Thèse en cours

Alexandre Dumas père ou le roman du possible : enjeux narratologiques, poétiques et éthiques de la philia dans le Cycle des Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 16/05/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Jérôme Dewasch
Direction : Marie-Françoise Melmoux montaubin
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Littérature et civilisation françaises (moderne)
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 16/05/2025
Etablissement(s) : Amiens
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale en Sciences humaines et sociales
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CERCLL Centre d’Études des Relations et des Contacts Linguistiques et Littéraires
Jury : Président / Présidente : Julie Anselmini
Examinateurs / Examinatrices : Marie-Françoise Melmoux montaubin, Caroline Julliot, Sarah Mombert, Christophe Reffait, Maxime Prevost
Rapporteurs / Rapporteuses : Julie Anselmini, Caroline Julliot

Résumé

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Cette étude s’intéresse aux enjeux de réception de la mise en roman de l’amitié chez Alexandre Dumas pour en proposer une lecture renouvelée. Sous sa plume, le roman historique devient romance de l’amitié. Le Drame de la France, projet romanesque monstrueux qui occupe la vie de l’auteur, cherche dans le passé des figures capables de nourrir l’émotion de la fiction, de s’inscrire dans l’imaginaire collectif et de fonder de nouveaux mythes de la philia. Le lecteur trouvera dans le Cycle des Mousquetaires et Le Comte de Monte-Cristo le modèle d’un roman du possible. L’amitié est le cœur d’une poétique romanesque qui cultive le goût de l’altérité et fait de cet attrait pour l’autre un moteur de la rencontre entre le lecteur et l’œuvre. Il choisit le détour de l’Histoire, la forme de l’aventure, la longueur et la durée du roman-feuilleton, il puise dans son imagination et sa mémoire pour créer l’émotion d’un récit aux intrigues mystérieuses et aux rebondissements répétés, pour communiquer au lecteur-ami sa vision de l’amitié. Le temps, son allié, lui permet de sculpter progressivement, par coups fragmentés et répétés, renouvelés d’une œuvre à l’autre, un concept qui échappe à toute tentative de définition et se refuse à finir. Dumas crée les Mousquetaires et Monte-Cristo, pensant l’exercice de l’amitié à l’échelle d’une vie, faisant de la philia une des conditions de l’aventure, possible encore, et un des topoï du roman d’aventures. Le roman du possible, tel qu’il l’imagine dans les années 1840, est un romance qui fait de l’amitié une passion par laquelle l’Histoire peut s’écrire à l’optatif. L’amitié, dont il fait le cœur du roman, réunit des hommes qui font l’Histoire plutôt que la subir. Leur union permet de raconter une autre histoire. L’idéalisme dumasien n’est donc pas seulement un « pèlerinage (nostalgique) au temple de l’Amitié », il est tout entier tourné vers demain, vers ce qui est encore possible. Le roman-feuilleton, qui suggère a priori un recul critique minime, dévoile des strates profondes qui invitent à l’envisager comme un roman problématique, lieu d’un exercice éthique.