Thèse en cours

Données pour la transition énergétique. Le cadre juridique applicable aux données non-personnelles dans le secteur de l'énergie: un actif convoité par les opérateurs privés et les autorités publiques

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Auteur / Autrice : Antoine Donne
Direction : Jean-Luc Sauron
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Droit
Date : Inscription en doctorat le 30/09/2020
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : SDOSE Sciences de la Décision, des Organisations, de la Société et de l'Echange
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de recherche Droit Dauphine
établissement opérateur d'inscription : UNIVERSITE PARIS DAUPHINE - PSL

Résumé

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Dans la mythologie grecque, le supplice de Tantale symbolise les besoins inassouvis. Condamné à rester debout dans l'eau d'une rivière, sous un arbre chargé de fruits, Tantale est maudit par une faim et une soif éternelles. Chaque fois qu'il tend la main pour saisir les fruits ou se penche pour boire, les branches se dérobent et la rivière s'assèche, le laissant en proie à une souffrance incessante devant une subsistance apparemment à portée de main mais inatteignable. Ce mythe constitue une puissante allégorie pour illustrer les situations où des besoins essentiels restent hors d'atteinte, malgré leur abondance et leur proximité apparentes. En reliant ce mythe aux données, le supplice de Tantale trouve un parallèle moderne dans les défis liés à l'accès aux données. Cette thèse cherche à déterminer pourquoi les données, bien qu'abondantes, restent dans une large mesure inaccessibles pour faire avancer la transition énergétique, combinée à la transition numérique ? D'importants obstacles économiques et juridiques créent un paradoxe où les données, bien qu'abondantes, restent inaccessibles à ceux qui pourraient les exploiter pour faire avancer la transition énergétique. À l'intersection du droit de l'énergie et du droit des données, cette thèse cherche à répondre à cette question : le cadre juridique existant permet-il l'accès, le partage et l'utilisation des données aux fins de la transition énergétique tant par les entreprises privées que par les autorités publiques ? Le cœur de cette recherche porte sur la gouvernance juridique des données non personnelles (par exemple, les données industrielles ou de marché, telles que les émissions de CO2 ou le prix de l'électricité), qui n'ont pas encore été l'objet de nombreuses études en comparaison du cadre juridique applicable aux données personnelles, bien qu'elles soient des données essentielles pour soutenir la transition énergétique. Les objectifs de développement durable nécessite de prendre en compte des enjeux largement interdépendants (liés à l'énergie, transport, santé, etc.). Mais les objectifs de développement durable ne peuvent à eux seuls suffire à générer les incitations économiques nécessaires au partage des données entre les détenteurs et les utilisateurs des données. En outre, ces questions sont également mondiales et s'étendent bien au-delà de l'Europe. Pour réaliser la transition énergétique, le cadre juridique existant en matière de gouvernance des données dans l'Union européenne (en particulier l'Acte sur la gouvernance des données (DGA), l'Acte sur les données (Data Act) et la Directive et le Règlement sur l'électricité) peut être considéré comme introduisant un embryon de partage de données à des fins de développement durable. Mais pour aller plus loin, au cœur du problème se trouve la gouvernance fragmentée de ces données non personnelles, centrée sur des réglementations sectorielles, et entravant ainsi la coopération entre les différents secteurs, pourtant indispensable pour relever les défis du développement durable qui sont fortement interdépendants (énergie, transports, santé, etc.). Le cadre juridique donne également la priorité aux objectifs économiques, négligeant souvent les objectifs de durabilité. Au-delà de ces contraintes, l'approche restrictive de l'Union européenne en matière de partage international de données non personnelles limite le potentiel de collaboration à l'échelle mondiale sur ces initiatives de durabilité.