La perception des indices phonétiques et sociophonétiques chez les bilingues tardifs
| Auteur / Autrice : | Megan Dailey |
| Direction : | Sharon Andrea Peperkamp |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences cognitives |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 26/03/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris sciences et lettres |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Cerveau, cognition, comportement (Paris ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistique (1985-....) |
| établissement opérateur d'inscription : École normale supérieure (Paris ; 1985-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Emmanuel Ferragne |
| Examinateurs / Examinatrices : Sharon Peperkamp, Isabelle Darcy, Sophie Wauquier, Jeremy Kuhn | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Isabelle Darcy, Sophie Wauquier |
Mots clés
Résumé
La perception de la parole par les bilingues tardifs (L2) est influencée par le système sonore de leur langue maternelle (L1). Dotés dune sensibilité aux sons de la L1 développée dans la petite enfance, les bilingues tardifs doivent faire face à la nature variable de la parole dans leur seconde langue pour réussir à reconnaître les mots. La perception de la parole en L2 est souvent entravée par un manque de sensibilité aux indices acoustiques permettant de distinguer les sons de la L2, mais il y a relativement peu de travaux sur le traitement de la variation subphonémique en L2. En outre, les langues présentent des variations socialement conditionnées, y compris au niveau phonétique, et leffet de ces variations sur la perception de la parole en L2 est largement inconnu. Lobjectif de cette thèse est détendre nos connaissances sur la perception des indices phonétiques et sociophonétiques par des bilingues tardifs. La première série dexpériences concerne la sensibilité des apprenants français de langlais à la nasalité allophonique des voyelles anglaises (par exemple, man [mæ̃n] homme vs. mad [mæd] fou) et lutilisation quils en font au cours de la reconnaissance des mots. Les résultats ont révélé que les auditeurs français ont appris la distribution allophonique et lutilisent pour éliminer les concurrents lexicaux dans la reconnaissance de mots en temps réel, tout comme le font les anglais natifs. La deuxième série dexpériences explore la perception par les auditeurs français L1 et L2 de deux indices sociophonétiques du registre en français métropolitain : la liaison facultative, un indice stéréotypé du registre soutenu (par exemple, plats‿italiens [pla.zi.ta.ljɛ̃]) et la supplétion des consonnes liquides post-obstruantes, un indice non-stéréotypé du registre courant (par exemple, tab [tab] pour table), à laide de tâches de perception matched-guise. Alors que les auditeurs L1 du français ont associé la liaison facultative avec le registre soutenu aussi bien implicitement quexplicitement (cest-à-dire indépendamment du fait quils remarquaient ou pas la présence de la liaison facultative dans les stimuli auditifs), seuls les auditeurs L2 du français qui remarquaient la présence de liaison facultative montraient cette association. En revanche, les deux groupes de participants ont montré une association presque exclusivement implicite de la supplétion des consonnes liquides avec un registre courant. Pris ensemble, les résultats de cette thèse montrent le potentiel pour des recherches futures sur la perception de la variation phonétique en L2 et soulignent la nécessité de modèles de perception de la parole en L2 qui intègrent la sensibilité des auditeurs L2 aux indices phonétiques et sociophonétiques.