Thèse en cours

Organisations complexes et conservation de la biodiversité : une approche systémique basée sur des études de cas d'entreprises multinationales et de l'agglomération parisienne

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Auteur / Autrice : Mai-Thi Ta
Direction : Harold Levrel
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences économiques
Date : Inscription en doctorat le 05/10/2020
Etablissement(s) : université Paris-Saclay
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement, Santé
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CIRED - Centre International de Recherche sur l'Environnement et le Développement
référent : AgroParisTech
graduate school : Université Paris-Saclay. Graduate School Biosphera (2020-....)

Résumé

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Les entreprises multiplient les annonces en faveur de la conservation de la biodiversité et mettent en avant leurs actions contribuant au développement durable. Pourtant la nature continue de s'éroder à un rythme sans précédent. Constatant ce décalage, certaines voix s'élèvent pour que les entreprises repensent leurs modèles et se transforment en profondeur. Dans le domaine de la gestion, le concept de modèle d'affaire durable a émergé. Il ne s'agit plus d'intégrer les enjeux de développement durable comme un thème additionnel à gérer selon les procédures et la logique existante. Il s'agit davantage d'inventer de nouvelles interactions avec la nature et les populations locales dans la recherche de bénéfices mutuels. Dans cette perspective, la réalisation de résultats écologiques et sociaux positifs sont concomitants à la réalisation de bénéfices économiques. Certaines entreprises innovent en ce sens, d'abord à l'échelle d'un produit ou d'une filière d'approvisionnement. L'utilisation durable d'éléments issus de la biodiversité est une des approches innovantes. L'utilisation d'une ressource est durable lorsqu'elle permet de maintenir la possibilité de répondre aux besoins et aspirations des générations actuelles et futures. Les entreprises qui adoptent cette approche acceptent donc d'inscrire leurs activités dans les limites biophysiques de la planète. En théorie, elles ne prélèvent la matière première nécessaire à leur production qu'en fonction de son rythme de régénération naturelle. Le concept « d'utilisation durable » (sustainable use) repose sur une logique de marché où les bénéfices économiques tirés du commerce de ressources issues de la biodiversité crée de fortes incitations pour les entreprises privées à les conserver sur le long-terme. En théorie, cela permet de conserver la diversité du vivant, d'apporter un complément de revenu aux populations locales et de créer des bénéfices pour l'entreprise. C'est dans cette logique d'utilisation durable que des filières d'entreprises multinationales s'approvisionnent en matières naturelles au sein de réserves de biosphères de l'UNESCO. Les deux cas d'étude que nous étudions s'inscrivent dans cette approche. Nous nous interrogerons d'une part sur l'efficacité, en termes de résultats écologiques et sociaux, d'une gestion par le secteur privée de la conservation par rapport à d'autres modes de gestion (coopératif et étatique). D'autre part, nous illustrerons grâce à ces cas d'étude, comment l'utilisation durable de ressources issues de la biodiversité, peut amener les entreprises (1) à ajuster leurs activités aux dynamiques écologiques, (2) à prendre en compte les spécificités du socio-écosystème du territoire d'approvisionnement et (3) à faire appel à l'écologie scientifique pour gérer la filière.