Réduire les pesticides en viticulture ? Co-conception, expérimentation à la ferme et co-évaluation de stratégies de protection du vignoble moins dépendantes des pesticides avec la participation de viticulteurs coopérateurs du Sud-Ouest de la France.
| Auteur / Autrice : | Mickaël Perez |
| Direction : | Aurélie Metay |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Sciences agronomiques |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 02/12/2024 |
| Etablissement(s) : | Institut Agro |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École Doctorale GAIA Biodiversité, agriculture, alimentation, environnement, terre, eau (Montpellier ; 2015-...) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : ABSys - Agroécosystèmes Biodiversifiés |
| Equipe de recherche : Modélisation, évaluation, conception des systèmes de culture | |
| École d’inscription : L'Institut Agro Montpellier (2020-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Ivan Sache |
| Examinateurs / Examinatrices : Aurélie Metay, Marie-Hélène Robin, Marie Thiollet-scholtus, Sébastien Zito, Frédéric Normand | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Marie Thiollet-scholtus, Ivan Sache |
Résumé
La filière viticole doit aujourd'hui changer ses pratiques pour réduire durablement les pesticides en raison des effets néfastes sur lenvironnement et la santé humaine et pour répondre à la demande sociétale et réglementaire. Dès 2008, le plan Ecophyto I puis Ecophyto II (2015) sont lancés en France pour répondre à lobjectif de réduction de moitié de lutilisation des pesticides en 2018 puis en 2025 par rapport à 2008. De nombreux leviers techniques pour réduire le recours aux pesticides existent et ont été évalués précédemment au travers des projets DEPHY EXPE (2013-2018), DEPHY EXPE 2 (2018-2024) et DEPHY FERME (2010-2024). La co-conception de systèmes moins dépendants des pesticides combinant plusieurs leviers permet une réduction plus importante du recours aux pesticides mais leur transfert chez les viticulteurs reste encore limité. Pour accompagner les viticulteurs dans la transition vers ces systèmes viticoles, cette thèse propose : i) une démarche participative originale combinant des ateliers de co-conception, des expérimentations à la ferme et des ateliers de co-évaluation impliquant différentes parties prenantes dont 21 viticulteurs coopérateurs de la coopérative VINOVALIE dans le Sud-Ouest de la France (vignoble de Fronton, Gaillac et Cahors) et ii) le développement et lévaluation des modèles Injury Profil Simulator (IPSIM) pour trois maladies de la vigne : mildiou, oïdium et black rot. La thèse a permis la co-conception de quatre stratégies de protection du vignoble visant à réduire lutilisation des pesticides : trois en viticulture conventionnelle (« Raisonné », « 0Résidu » et « Biocontrôle ») et une en viticulture biologique (« BIO à 2 kg de cuivre »). Ces stratégies ont été mises en expérimentation sur une parcelle de minimum 0.5 hectare chez les viticulteurs en 2021 et 2022. Pour évaluer la performance de ces stratégies co-conçues, les Indicateur de Fréquence de Traitement total (IFTt), les Indicateur de Fréquence de Traitement fongicide (IFTf), la quantité de cuivre, les notations des maladies sur feuilles et sur grappes, le rendement et le coût des fongicides ont été suivis. La stratégie était appliquée sur la moitié de la parcelle soit au minimum 0.25 hectare et en comparaison le reste de la parcelle était conduite avec la stratégie du viticulteur. En moyenne, les stratégies co-conçues « Raisonné », « 0 Résidu » et « Biocontrôle » ont réduit le TFIt de -32,1%, -42,2% et -87,8%, par rapport à la référence HVE et la stratégie « BIO à 2 kg de cuivre » a permis de limiter la quantité maximale de cuivre à 2 kg/an/hectare. Cette réduction a été effectuée exclusivement grâce à la réduction des fongicides. Les stratégies de protection du vignoble sauf la stratégie « Biocontrôle » (nautorisant que des produits de biocontrôle en fongicide) ont globalement maintenu les rendements et réduit le coût des fongicides par rapport à la stratégie du viticulteur. Le transfert à plus grande échelle de la stratégie « 0 Résidu » a été initié en 2023 avec des résultats plus contrastés en dégâts de mildiou et en perte de rendement à cause dune pression historiquement forte du mildiou. La thèse a également permis la construction des trois modèles IPSIM-VIGNE pour prédire la sévérité de dégâts du mildiou, du black et de loïdium sur les grappes à la véraison en fonction des pratiques du viticulteur, du pédoclimat et de lenvironnement de la parcelle. Lévaluation de la qualité prédictive des IPSIM-VIGNE-Mildiou et IPSIM-VIGNE-Black rot a été réalisé grâce une base de données construite durant la thèse. Cette première évaluation de la qualité prédictive est encourageante (respectivement de 65% pour IPSIM-VIGNE-Mildiou et de 48% pour IPSIM-VIGNE-Black rot) mais des améliorations sont nécessaires avant leur utilisation comme outil d'aide à la conception pour concevoir des stratégies de protection du vignoble moins consommatrices de pesticides.