Approche biomécanique des contraintes musculaires des ischio-jambiers lors de course en sprint maximal : vers la prévention des blessures des muscles ischio-jambiers
| Auteur / Autrice : | Caroline Prince |
| Direction : | Pierre Samozino, Pascal Edouard |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Biologie de la Motricité |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 14/03/2025 |
| Etablissement(s) : | Chambéry |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences Ingénierie Environnement |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Laboratoire Interuniversitaire de Biologie de la Motricité |
| Jury : | Président / Présidente : Jean Benoit Morin |
| Examinateurs / Examinatrices : Pierre Samozino, Pascal Edouard, Gaël Guilhem, Tania Pizzari, Karsten Hollander | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Gaël Guilhem, Tania Pizzari |
Mots clés
Résumé
Dans la performance d'accélération en sprint, les muscles de la chaîne postérieure, en particulier les ischio-jambiers, jouent un rôle clé. Cependant, le risque de blessure des ischio-jambiers est associé à la course à grande vitesse. Pour réduire ce risque, l'importance de stimuli spécifiques au sprint lors de la phase de retour à la course en rééducation et le maintient de ces stimuli tout au long de la saison a été mis en avant. L'intégration d'exercices utilisés lors des échauffements de sprint a été recommandée, ceux-ci pouvant fournir des stimuli progressifs et spécifiques au sprint. Ce travail de thèse visait à comprendre les contraintes des ischio-jambiers lors des échauffements et des entraînements pour optimiser leur préparation au sprint maximal. Nous avions trois objectifs 1) analyser l'effet de la vitesse pendant une accélération maximale sur les contraintes mécaniques des ischio-jambiers, 2) identifier les exercices spécifiques au sprint les plus fréquemment utilisés, et 3) évaluer les contraintes mécaniques des ischio-jambiers lors de ces exercices spécifiques. Pour répondre à ces objectifs, une première étude a exploré simultanément l'allongement muscle-tendon (MT) des ischio-jambiers et l'activité électromyographique (EMG) pendant une accélération maximale en sprint, ces deux paramètres étant associés aux blessures musculaires. Les principaux résultats montrent des augmentations significatives des pics de d'allongement MT du Biceps Femoris (BF), de l'activité EMG et des contraintes mécaniques du BF avec l'augmentation de la vitesse pendant l'accélération maximale. L'augmentation progressive des contraintes mécaniques du BF avec la vitesse était, dans un premier temps, due à une augmentation de l'allongement MT du BF entre les basses et hautes vitesses, puis à une augmentation de l'activité EMG du BF à vitesse maximale. Cela suggère des contraintes plus importantes sur les muscles ischio-jambiers à la fin de la phase de balancement et à vitesse maximale par rapport à la phase initiale d'accélération. Une deuxième étude visait à identifier les pratiques des athlètes avant un sprint maximal dans une population de pratiquant d'athlétisme. Les résultats principaux montrent que, pour la majorité des athlètes : 1) la préparation comprenait un jogging modéré (pour 95 % des participants), des étirements (pour 78 %), des exercices spécifiques au sprint : drills athlétiques (pour 96 %), des accélérations (pour 100 %) et des sprints à vitesse maximale (pour 77 %) ; 2) les durées d'entraînement et d'échauffement étaient influencées par le niveau de pratique et la discipline athlétique. Une troisième étude a exploré comment les exercices spécifiques au sprint (drills athlétiques) sollicitent le BF en termes d'allongement MT et d'activité EMG isolées, ainsi que les contraintes mécaniques estimées résultantes, et a comparé ces niveaux de contraintes à ceux observés pendant des sprints à intensité maximale. Le principal résultat montre que les pics de d'allongement et d'EMG étaient similaires entre sprint et certains drills. Toutefois, en considérant les pics de contraintes mécaniques (i.e., concomitance de l'EMG et de l'allongement MT), celles-ci étaient significativement plus élevées pendant le sprint que lors des drills. Ainsi, les drills testés ne sollicitent pas les ischio-jambiers de la même manière que le sprint et ne peuvent reproduire les exigences des sprints maximaux. La vitesse maximale en sprint est la condition imposant les contraintes les plus élevées sur les ischio-jambiers, contrairement aux vitesses de sprint inférieures et aux drills athlétiques. Par conséquent, l'exposition à des sprints à haute vitesse semble nécessaire pour reproduire les conditions spécifiques sollicitant les muscles ischio-jambiers. Cependant, les drills athlétiques, avec une activité EMG plus élevée que la plupart des exercices de renforcement, peuvent compléter un protocole de rééducation des ischio-jambiers.