Le rôle du soutien social pendant la grossesse dans les inégalités sociales vis-à-vis de la dépression postpartum parentale.

par Aurélie Nakamura

Thèse de doctorat en Sante publique, épidémiologie

Sous la direction de Maria Melchior et de Judith Van Der Waerden.


  • Résumé

    La dépression postpartum est définie comme une dépression mineure ou majeure ayant lieu dans l’année qui suit la naissance de l’enfant. Sa prévalence est estimée entre 10 et 15% chez les mères et entre 8 et 10% chez les pères. Elle peut avoir des conséquences à court et à plus long terme sur la santé et le bien-être du parent concerné mais aussi de l’enfant et sur le fonctionnement du couple et de la famille. Il existe une littérature conséquente sur la dépression postpartum maternelle. En revanche, la dépression postpartum paternelle ainsi que la dépression postpartum parentale conjointe ont moins été étudiées, en particulier en France. Une position socioéconomique défavorable est associée à une probabilité accrue de dépression postpartum et à des barrières à l’accès aux options de prévention et de traitement. Les mécanismes sous-jacents des inégalités sociales vis-à-vis de la dépression postpartum parentale sont actuellement sous-étudiés. Le soutien social pendant la grossesse, qui apparait comme un facteur protecteur de la dépression postpartum maternelle et paternelle, est un mécanisme candidat qui peut être ciblé par des interventions dès le début de la grossesse. Le premier objectif de cette thèse était d’étudier l’association entre le soutien social pendant la grossesse et la dépression postpartum parentale conjointe à partir des données de la cohorte de naissance ELFE. Pour répondre à cet objectif, deux dimensions du soutien social prénatal ont été identifiées : le soutien social perçu vs. reçu et le soutien social informel vs. formel. Ensuite, les associations entre les différents aspects du soutien social pendant la grossesse et la dépression postpartum parentale conjointe ont été estimées à partir de régressions multinomiales. Il est ressorti de cette étude que le soutien du partenaire pendant la grossesse était un facteur protecteur vis-à-vis de la dépression postpartum maternelle, paternelle et parentale conjointe. Le second objectif de cette thèse était d’évaluer le rôle des différents aspects du soutien social pendant la grossesse dans les inégalités sociales vis-à-vis de la dépression postpartum maternelle, selon le statut migratoire maternel, à l’aide d’analyses de médiation multiple, conduites sur les données de la cohorte ELFE. Les pères ont été omis de ce deuxième objectif du fait de limitations provenant des données. Nous avons pu montrer que le soutien du conjoint pendant la grossesse était un médiateur des inégalités sociales vis-à-vis de la dépression postpartum maternelle chez les femmes non-immigrées et chez les femmes immigrées. D’autres recherches et interventions sur le rôle du soutien social informel et formel pendant la grossesse dans les inégalités sociales de dépression postpartum, tenant compte des caractéristiques sociales et socioéconomiques des futurs parents, sont nécessaires pour améliorer la prévention de la dépression postpartum, en particulier chez les mères et les pères faisant partie des groupes à haut risque.

  • Titre traduit

    The role of social support during pregnancy unsocial inequalities with regard to parental postpartum depression


  • Résumé

    Postpartum depression is defined as minor or major depression occurring in the year following childbirth. Its prevalence is estimated to be between 10 and 15% in mothers and between 8 and 10% in fathers. It can have short and long term consequences on the health and well-being of the parent concerned but also on child development and on the couple’s and the family’s functioning. There is substantial literature on maternal postpartum depression. However paternal postpartum depression and joint parental postpartum depression have been less studied, in particular in a French context. A disadvantaged socioeconomic position is associated with an increased likelihood of postpartum depression and barriers to accessing prevention and treatment options. The underlying mechanisms of social inequality in parental postpartum depression are currently understudied. Social support during pregnancy, which appears to be a protective factor in maternal and paternal postpartum depression, is a candidate mechanism which can be targeted with interventions as early as at the beginning of pregnancy. The first objective of this thesis was to study the association between social support during pregnancy and joint parental postpartum depression, using data from the ELFE cohort study. Two dimensions of prenatal social support were identified : perceived versus received social support and informal versus formal social support. Next, associations between different aspects of social support during pregnancy and joint parental postpartum depression were estimated using multinomial regression models. This analysis showed that partner support during pregnancy was a protective factor against maternal, paternal and joint parental postpartum depression. The second objective of this thesis was to assess the role of different aspects of social support during pregnancy in social inequalities with regard to maternal postpartum depression, according to maternal migrant status, using multiple mediation analyses and data from the ELFE cohort study. Fathers were omitted from this second objective due to data-related limitations. Partner support during pregnancy mediates social inequalities with regard to maternal post-partum depression in non-migrant women and in immigrant women. Further research and interventions on the role of informal and formal social support during pregnancy in social inequalities with regard to postpartum depression, taking into account parents’ social and socioeconomic caracteristics are needed to improve prevention, especially in mothers and fathers at high risk of postpartum depression.