Thèse en cours

Poétesses en traduction : accueillir le lointain.Pour une redéfinition des espaces de transmission à partir de Marie de France, Sylvia Plath, Susana Thénon et Laura Kasischke.

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Auteur / Autrice : Blanche Turck
Direction : Isabelle PoulinNathalie Brillant rannou
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Littératures française, francophone et comparées
Date : Inscription en doctorat le 21/07/2020
Etablissement(s) : Bordeaux 3
Ecole(s) doctorale(s) : Montaigne-Humanités
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Plurielles

Résumé

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Notre projet de thèse se propose de réfléchir aux liens entre traduction, transmission et poésie, et plus spécifiquement à la place conférée aux poétesses de langue étrangère dans le champ linguistique francophone. Le corpus, mêlant espagnol, anglais (américain) et ancien français, nous permettra une approche diachronique de la façon dont se constitue une altérité linguistique, et la place qui peut lui être allouée dans les différents espaces de transmission francophones : milieux éditorial et commercial, scolaire, culturel... à partir des textes en vers de Marie de France, nous essaierons d’envisager comment nous nous confrontons à l’autre dans la langue qui nous est assignée comme maternelle, avant de rencontrer l’altérité de façon plus radicale à travers les langues dites étrangères. Parce qu’elles ont pensé la langue comme un lieu qu’il était difficile d’habiter sereinement et que leur poésie rend compte de ce conflit, Sylvia Plath, Susana Thénon et Laura Kasischke nous offriront un terrain d’analyse privilégié. Ce travail nous amènera à penser les conditions de possibilité du partage de ces œuvres poétiques, elles-mêmes envisagées comme des espaces menacés de disparition : comment la pratique de l’histoire littéraire, en France, a-t-elle constitué un corpus d’étude souvent excluant, rendant ces voix triplement inaudibles, parce que féminines, étrangères, et poétiques ? Placer la traduction au centre du processus d’appropriation des œuvres permettra de rejouer la littérature au présent : en effet, toute traduction est un événement, qui rompt la logique du même et offre la possibilité d’une nouvelle énonciation en transcendant le cycle de l’assignation au silence. Traduire implique des qualités d’écoute et d’hospitalité qui peuvent s’acquérir et trouver à s’éprouver dans l’exercice même de traduction. Le poème en langue étrangère n’est plus une altérité impénétrable mais bien un territoire à explorer, non plus un point distant, mais une amplitude, c’est-à-dire la distance même.