La réticence dans l'oeuvre de Jane Austen : formes et enjeux
| Auteur / Autrice : | Catherine Serveaux |
| Direction : | Xavier Giudicelli |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Langues et littératures anglaises et anglo-saxonnes |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 12/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Paris 10 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Lettres, langues, spectacles (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de Recherches Anglophones (2008-.... ; Nanterre) |
| Jury : | Président / Présidente : Sylvie Kleiman-lafon |
| Examinateurs / Examinatrices : Xavier Giudicelli, Marie-Laure Massei-chamayou, Sara Thornton, Nathalie Vanfasse | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Sara Thornton, Nathalie Vanfasse |
Résumé
Dans ses romans, Jane Austen sest particulièrement intéressée à la parole et à son rapport avec le silence. Le dit et le non-dit y occupent une place prépondérante. Paradoxalement, la dynamique mise en place par la relation entre parole et silence crée une tension et permet lémergence dun espace intersubjectif entre lauteure et le lecteur. Ces interstices interprétatifs donnent naissance à des moments de réticence que le lecteur est invité à interpréter. Les formes langagières pointent un mouvement dexpressivité potentielle où se conjuguent le silence et le manque. Le silence devient une forme stylistique expressive et une composante essentielle de lécriture de la réticence. Le texte semble être en décalage en raison du retrait apparent mais expressif de lauteure. Interpréter ces moments de réticence constitue le principal enjeu de ce travail. En forgeant un langage et une langue qui lui est propre, Jane Austen dévoile une subjectivité, à travers des actes de langage mettant en lumière le jugement de lauteure au sujet des valeurs morales de son époque. Le langage nest plus uniquement un instrument de communication : il permet de construire un rapport intersubjectif avec le lecteur et marque la langue par le biais des formes qui caractérisent lécriture de la réticence dans luvre de Jane Austen. Ces formes sont récurrentes dans le texte et créent ainsi une rhétorique efficace, qui permet le traitement de lémotion. Interpréter ses formes dévoile le jugement implicite de lauteure au sujet des valeurs morales qui lui sont chères : cest tout lenjeu de la dynamique rhétorique du principe de réticence. La réticence est dès lors un principe paradoxal car elle se construit sur ce que Jane Austen ne dit pas. Ce non-dit constitue une trace des intentions de lauteure, intentions que le lecteur est invité à interpréter.