Thèse en cours

L'heure à Paris. Histoire sociale et urbaine de l'information horaire (1585 - 1740)

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 06/12/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Louis Georges
Direction : Nicolas Schapira
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Histoire des mondes modernes
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 06/12/2025
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Espaces, Temps, Cultures (Nanterre, Hauts-de-Seine ; 2000-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre d'Histoire Sociale et Culturelle de l'Occident (Nanterre)
Jury : Président / Présidente : Corine Maitte
Examinateurs / Examinatrices : Nicolas Schapira, Raphaël Morera, Liliane Hilaire-perez, Gianenrico Bernasconi, Robert Descimon
Rapporteurs / Rapporteuses : Raphaël Morera, Liliane Hilaire-perez

Résumé

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Ce travail propose d’étudier la production, les présences et les pratiques du temps horaire à Paris dans un long XVIIe siècle. Il s'intéresse moins aux horloges qu'à l'heure elle-même, envisagée comme une information produite, diffusée et appropriée dans la ville. Ce déplacement du regard, de l’objet à l’espace, vise à dépasser l’approche par les seules innovations techniques des XVIIe et XVIIIe siècles (pendule, ressort spiral, échappement à ancre) au profit d’une étude écologique des interactions entre citadins, artefacts techniques et paysage urbain. Celle-ci se décline en trois axes : une attention aux acteurs produisant et entretenant cette information, l'étude spatiale du rapport de l'heure sonnée et affichée au paysage urbain, et l'émergence d'un discours métrologique sur la nécessité d’une heure civique, partagée par tous les habitants de la ville. Il s’agit de s’intéresser en particulier à l’heure de la rue, produite par un environnement signalétique varié et dense ; horloges en gros volume, timbres et cloches, cadrans solaires et lignes méridiennes. L'enquête souligne ainsi la conflictualité et la diversité des heures urbaines. À Paris, l'heure n’est pas un service public coordonné, mais le produit de corps politiques rivaux : paroisses, échevinages, domaines royaux ou corporations. Leurs archives révèlent que le réglage, le son et l’affichage de l’heure sont utilisés comme marqueurs de l’autorité et outils de pouvoir. Les horloges de rue, diversement réglées, définissent des « heures de quartier » peu compatibles entre elles. Cette géographie discontinue génère des pratiques spécifiques : les citadins se déplacent pour acquérir, consulter, comparer l'information horaire. Ce n’est que lentement, à partir des années 1720, que s’institue la pratique individuelle du réglage au midi vrai observé à la méridienne, suscitant une première critique de l’information en termes de fiabilité ou de justesse. Elle est accompagnée par une littérature horlogère en vif développement, qui engage le débat sur la synchronisation et l’uniformisation des temps locaux : quel instrument fait autorité à Paris ? Ce travail contribue à l’historiographie de l’espace parisien moderne en insistant sur l’équipement de rue, les savoirs routiniers et la dimension politique de la capacité à « faire signal ». Il est aussi une histoire sociale de l’instrumentation technique, soulignant l’interdépendance des différents types de garde-temps et la dimension artisanale des métiers de l’heure. Il s’inscrit enfin dans une histoire des savoirs, étudiant les interactions entre littérature d’usage et pratiques corporelles dans l’émergence de la métrologie au XVIIIe siècle. Il propose au total une histoire sociale d’un savoir de l’ordinaire, permettant d’historiciser les 24 heures de la journée, en les observant comme le produit de conflits, de pratiques et de débats dans le temps long.