Thèse en cours

Des ''manifs pour tous'' aux retraits de l'école. Quand des alliances militantes improbables fondent un réseau conservateur durable

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 21/11/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Megane Erbani
Direction : Annie CollovaldChristophe Le digol
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Science politique
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 21/11/2025
Etablissement(s) : Paris 10
Ecole(s) doctorale(s) : École Doctorale Droit et Science Politique
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : ISP - Institut des Sciences sociales du Politique
Jury : Président / Présidente : Éric Agrikoliansky
Examinateurs / Examinatrices : Annie Collovald, Christophe Le digol, Catherine Achin, Jean-Philippe Heurtin, Isabelle Coutant
Rapporteurs / Rapporteuses : Catherine Achin, Jean-Philippe Heurtin

Résumé

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L’objectif de cette thèse est de comprendre les mécanismes à l’origine d’alliances militantes improbables contre la déconstruction de la famille hétéronormée. Dans ce but, elle analyse les rapprochements entre les catholiques conservateurs de La Manif pour tous et des membres des classes populaires, notamment des descendants d’immigrés maghrébins, mobilisés contre le mariage pour tous en 2012 puis contre la diffusion supposée d’une « théorie du genre » à l’école en 2014. À partir d’une enquête de terrain menée sur six ans, l’étude met d’abord en évidence une hostilité transclasse et transpartisane envers la déconstruction des rôles de genre. Toutefois, elle souligne ensuite la diversité des motivations des opposants au « gender », parmi lesquels figurent des habitants des quartiers populaires participant aux journées de retrait de l’école. Leur engagement révèle moins d’une adhésion à des mobilisations conservatrices qu’à un engagement dans un mouvement réactif dans lequel ils expriment leur défiance envers les savoirs institutionnels. Enfin, la thèse montre que les désaccords entre les différents groupes mobilisés, présentant des caractéristiques sociales, confessionnelles et politiques a priori éloignées, voire antagonistes, ne les empêchent pas d’entretenir des liens militants sur des temporalités ordinaires, durant lesquelles s’élaborent des alliances de circonstances où chacun trouve des intérêts à se rassembler. Ces rassemblements, perdurant particulièrement en Seine-Saint-Denis dix ans après les premières « manifs pour tous », contribuent à renforcer l’ancrage local des catholiques conservateurs, dont certains mènent un travail de mobilisation dans les cités jusqu’ici peu étudié.