Une capitale sous contrôle. Spatialités autoritaires dans le centre-ville du Caire postrévolutionnaire
| Auteur / Autrice : | Laura Monfleur |
| Direction : | Anna Madoeuf |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Géographie |
| Date : | Inscription en doctorat le Soutenance le 10/06/2025 |
| Etablissement(s) : | Tours |
| Ecole(s) doctorale(s) : | Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Cités Territoires Environnement et Sociétés (CITERES) (Tours ; 2004-....) |
| Equipe de recherche : EMAM - Monde Arabe et Méditerranée | |
| Jury : | Président / Présidente : Choukri Hmed |
| Examinateurs / Examinatrices : Anna Madoeuf, Roman Stadnicki, Pauline Guinard, Éric Denis, Marie Gibert-flutre | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Éric Denis, Marie Gibert-flutre |
Mots clés
Résumé
Cette thèse porte sur les spatialités autoritaires au Caire, entendues comme un ensemble d'agencements matériels et idéels et de pratiques qui ont pour cadres et enjeux les espaces urbains contrôlés par diverses catégories d'acteurs en charge d'assurer la domination et la sécurité de l'État. Il s'agit ainsi de saisir en géographe des mécanismes autoritaires de contrôle d'une capitale, en s'éloignant d'une conception institutionnelle de l'autoritarisme en termes de régime. Je m'inscris dans un champ d'étude déjà développé en sciences sociales, lequel identifie des situations autoritaires autour de l'analyse de répertoires d'actions pluriels (répressif, coercitif, légitimateur) et de relations de pouvoir entre divers acteurs. Cette approche praxéologique et relationnelle est articulée à une réflexion géographique dans le sillage de travaux récents qui ont intégré la dimension spatiale dans leurs analyses. Les spatialités autoritaires dessinent des espaces-temps simplifiés et homogénéisés où la pluralité et la contingence politiques et sociales sont restreintes. L'étude de trois modalités de ces spatialités - la sécurisation, le spectacle et le couple censure/propagande - permet de montrer qu'elles façonnent les espaces publics en encadrant les limites, les possibles et les incertitudes du faisable, du dicible et du visible. Les pratiques citadines quotidiennes sont considérées comme autant des diagnostics du contrôle autoritaire que des arts de faire qui composent avec et recomposent ce contrôle. Je laisse de côté les traits les plus saillants des contestations. Ces dernières restent cependant des facteurs explicatifs des modalités et des évolutions des spatialités autoritaires qui se déploient dans des espaces-temps postrévolutionnaires à la suite de la révolution égyptienne de 2011. Les rapports entre spatialités autoritaires et ville postrévolutionnaire sont multiples : une contre-révolution qui passe par la fermeture des possibles contestataires et l'effacement des traces révolutionnaires, mais également une réactivation de l'espace-temps révolutionnaire à travers des pratiques étatiques de répression et de légitimation. Cette recherche porte principalement sur une étude du centre-ville du Caire depuis 2011. Considéré comme un espace à la fois représentatif et spécifique, le centre-ville permet de saisir des enchevêtrements d'acteurs, de dynamiques urbaines et politiques et de temporalités postrévolutionnaires. Cet espace est appréhendé à partir d'une enquête qualitative, croisant observations in situ, entretiens semi-directifs et collecte de sources secondaires écrites et vidéographiques, dont l'analyse réflexive fait partie intégrante de l'économie du récit sur les spatialités autoritaires qui encadrent les conditions de la recherche.