Thèse en cours

La céramique du palais royal d'Angkor Thom (Cambodge) : contribution à la chronologie et à la compréhension des dynamiques socio-économiques de la capitale angkorienne dans la longue durée (9e-17e siècle)

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 07/11/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Alexandre Longelin
Direction : Philippe HusiJacques Gaucher
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Archéologie
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 07/11/2025
Etablissement(s) : Tours
Ecole(s) doctorale(s) : Humanités et Langues - H&L
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : CItés, TERritoires, Environnement et Sociétés
Equipe de recherche : LAT - Laboratoire Archéologie et Territoires
Jury : Président / Présidente : Yves Henigfeld
Examinateurs / Examinatrices : Philippe Husi, Daniel Perret, Elisabeth Lorans, Bing Zhao, Jacques Gaucher
Rapporteurs / Rapporteuses : Daniel Perret, Yves Henigfeld

Résumé

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Cette thèse a pour objet l'étude des assemblages céramiques issus des fouilles menées au palais royal d'Angkor Thom, ensemble monumental et politique majeur de la capitale du royaume angkorien du 9e au 15e siècle. Elle s'inscrit dans le cadre du projet de recherche ANR ModAThom et prend pour point de départ l'analyse d'un corpus céramique en grande partie inédit et d'archives de fouilles provenant des campagnes réalisées par la Mission archéologique française à Angkor (MAFA) entre 1995 et 1997, sous la direction de Jacques Gaucher (EFEO). En s'appuyant sur cette documentation archéologique ancienne mais riche d'informations, l'étude développe une approche combinant analyse de la stratigraphie, élaboration d'une chrono-typologie de la céramique, approche archéo-statistique et étude spatiale des assemblages. Elle permet ainsi de proposer une périodisation affinée du site fondée sur l'identification de cinq faciès céramiques couvrant les principales phases d'occupation du palais. A travers la notion d'assemblage, l'étude s'attache à mettre en œuvre une analyse conjointe des grès khmers, des terres cuites utilitaires (largement négligées par la recherche antérieure) et des céramiques d'importation, en particulier chinoises. Loin de se limiter à une lecture typologique ou descriptive, cette recherche explore les relations entre les rejets céramiques et l'espace monumental afin d'aborder la réalité des usages et pratiques sociales à l'intérieur du palais. L'accent est mis sur la dimension diachronique de cette analyse de l'espace, rendue possible par la séquence stratigraphique exceptionnelle du palais royal d'Angkor Thom, qui couvre en tout près de huit siècles d'occupation (9e - 17e s.). Elle permet également de reconsidérer les rythmes de formation et de transformation du site à partir de la stratigraphie, en montrant que l'occupation palatiale est marquée par une remarquable continuité, qui nuance le récit traditionnel des ruptures perçues à travers les sources textuelles ou monumentales. Un chapitre est par ailleurs consacré aux fouilles anciennes et pionnières menées par Bernard-Philippe Groslier au palais royal entre 1952 et 1958. À travers l'analyse critique de ses archives et la réintégration de son mobilier céramique à la séquence stratigraphique révisée, cette étude propose une lecture renouvelée de cette documentation largement inédite et encore très peu exploitée. Cette relecture permet non seulement d'évaluer les apports et les limites des premières études céramiques réalisées à Angkor, mais aussi de mettre à l'épreuve les outils développés dans cette thèse, dans une perspective d'archéologie des archives et de continuité historiographique. Par ses résultats, la thèse propose un double renouvellement : d'une part, un cadre chrono-typologique de référence pour la céramique, utile à l'étude d'autres sites du Cambodge angkorien ; d'autre part, une lecture critique des catégories traditionnelles utilisées pour l'analyse de ce mobilier (grès, terres cuites, importations), pensées ici comme constructions historiques et sociales. Elle met ainsi en évidence la nécessité d'une approche relationnelle de la culture matérielle, fondée sur la contextualisation archéologique des assemblages et sur la prise en compte des pratiques de consommation. Enfin, en croisant les données locales avec des comparaisons régionales (sites de consommation d'Angkor Thom et de son territoire, sites de production des grès angkoriens), cette recherche inscrit la céramique angkorienne dans les dynamiques plus larges de l'Asie du Sud-Est dans la période considérée, en dépassant l'opposition classique entre production locale et circulation interrégionale. Elle apporte une contribution méthodologique et interprétative à l'histoire du royaume angkorien et de ses interactions dans le sud-est asiatique.