Religions, clergé et élites en Haïti (1860-1915)

par Mickenson Francois

Projet de thèse en Histoire

Sous la direction de Robert Beck et de Georges Eddy Lucien.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Humanités et Langues - H&L , en partenariat avec Lubtchansky (laboratoire) depuis le 14-10-2019 .


  • Résumé

    Le concordat de 1860, signé entre la République d'Haïti et le Saint-Siège, a permis la formation du clergé haïtien. La nouvelle institution religieuse est composée principalement de prêtres français. Ces derniers avaient une mission à la fois religieuse et civilisatrice parce qu'ils devaient former un clergé indigène ainsi que des cadres pour le pays. Avant la signature du concordat, les élites haïtiennes, par leur attachement à la culture française, ont pris l'habitude d'envoyer leurs enfants étudier en France. Les missionnaires français établis dans le pays leur évitent une telle aventure en leur offrant une éducation à la française. Ces élites, essentiellement urbaines, qui revendiquent la culture française, ne pratiquent pas moins, avec la population rurale, une religion dite « païenne »: le vodou, que le clergé considère comme un obstacle à la civilisation et au développement du pays, et qu'il cherche à éradiquer dans deux campagnes antisuperstitieuses, de 1896 à 1912, provoquant ainsi un conflit entre les élites haïtiennes et le clergé concordataire. Alors que ce dernier souhaite éradiquer le vodou, les élites, quant à elles, remettent en question l'importance du concordat. Paradoxalement, les enfants de cette catégorie privilégiée continuaient à fréquenter les écoles instaurées par le clergé. De manière générale, très peu de recherches sont menées sur l'histoire religieuse d'Haïti. Les travaux existants concernent en majorité la relation entre l'État et les religions. Ils ne se penchent pas véritablement sur la cohabitation difficile entre le clergé et les élites en Haïti. Constatant ce vide historiographique, cette thèse veut apporter une nouvelle pierre à l'édifice de la connaissance par une recherche approfondie sur le sujet, qui s'appuie aussi sur une étude de la vie religieuse haïtienne en général, peu étudiée jusqu'ici.

  • Titre traduit

    Religions, Clergy and Elites in Haiti (1860-1915)


  • Résumé

    The concordat of 1860, signed between the Republic of Haiti and the Holy See, allowed the formation of the Haitian clergy. The new religious institution is composed mainly of French priests. They had a mission that was both religious and civilizing, because they had to form an indigenous clergy as well as frameworks for the country. Prior to the signing of the concordat, Haitian elites, through their attachment to French culture, became accustomed to sending their children to study in France. French missionaries established in the country avoid such an adventure by offering them a French-language education. These elites, essentially urban, who claim French culture practice, with the rural population, a so-called religion: voodoo, which the clergy consider an obstacle to civilization and the development of the country, and which he sought to eradicate it in two anti-superstitious campaigns, from 1896 to 1912, thus provoking a conflict between the Haitian elites and the concordat clergy. While the latter wants to eradicate voodoo, the elites, meanwhile, question the importance of the concordat. Paradoxically, children in this privileged category continued to attend schools established by the clergy. In general, very little research is conducted on the religious history of Haiti. Existing work is mostly concerned with the relationship between the state and religions. They do not really look at the difficult coexistence between religions, clergy and elites in Haiti. Noticing this historiographical void, this thesis seeks to bring new piece knowledge through in-depth research on the subject.