Thèse en cours

Symboliques du judaïsme dans la peinture de la Renaissance italienne

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 07/04/2025. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Danièle Murciano
Direction : Nadeije Laneyrie-dagenAlessandro Guetta
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Esthétique, histoire et théorie des arts
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 07/04/2025
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale École transdisciplinaire Lettres/Sciences
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Sciences, Arts, Création, Recherche
établissement opérateur d'inscription : École normale supérieure (Paris ; 1985-....)
Jury : Président / Présidente : Daniel Russo
Examinateurs / Examinatrices : Nadeije Laneyrie-dagen, Perrine Simon-nahum, Pierre Savy, Sefy Hendler
Rapporteurs / Rapporteuses : Pierre Savy

Résumé

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Le présent travail tente d’illustrer, à travers les peintures de la Renaissance italienne, les dynamiques des interactions judéo-chrétiennes dans le nord et le centre de la péninsule, régions où les Juifs ont pu vivre leur identité de manière relativement paisible, en se focalisant sur une période comprise entre le XIVème siècle et la fin du Concile de Trente. Trois symboliques du judaïsme ont ainsi été étudiées. Les pseudo-inscriptions et inscriptions hébraïques dans les tituli trilingues (hébreu, latin et grec) figurant sur la croix du Christ, dans les Tables de la Loi évoquant l’Ancien Testament, et dans diverses peintures des villes du nord et du centre . Les peintres italiens ont montré un intérêt croissant pour les écritures hébraïques dès la fin du XIIIème siècle, au XIVème et surtout aux XVème et XVIème siècles ; l’hébreu est transcrit régulièrement, et un corpus non exhaustif de tableaux représentant des pseudo-écritures, des lettres et surtout des phrases en hébreu avec ou sans vocalisation, a pu être recensé. Les érudits chrétiens, proches des commanditaires et des peintres, souhaitaient apprendre l’hébreu, et devaient donc s’initier auprès de Juifs lettrés. La qualité de la transcription et l’érudition des images dépendaient du niveau d’éducation du public auquel elles étaient destinées. La deuxième symbolique du judaïsme est une scène du rituel juif, la circoncision, ici la circoncision de l’Enfant Jésus ; cette dernière n’est pas seulement citée dans les textes sources et les manuscrits, elle est aussi représentée dans les peintures, parfois clairement visibles par le public. Les artistes du corpus ont influencé la réalisation de ces images par leur créativité ; un grand nombre d’entre elles sont uniques, riches en inventions, et destinées à un public « ciblé ». Nous avons pu observer que le rituel ainsi que les objets/symboles du judaïsme étaient connus des commanditaires et de leurs artistes, et que l’antijudaïsme était rarement présent dans ces peintures de circoncision. L’étude de l’expression iconographique de l’antijudaïsme a constitué le troisième volet de notre étude. La représentation d’Ecclesia et de Synagoga en est une. Alors qu’au XIVème siècle, la représentation de Synagoga est nuancée, l’image se charge d’une violence nouvelle à partir du XVème siècle. Les Croix vivantes, les images de bestiaire comme le bouc et l’ânesse de Balaam, sont des symboles antijuifs supplémentaires pour le spectateur lettré. Ces représentations étaient destinées à des églises, des chapelles privées ou des monastères ; elles étaient vues par des chrétiens cultivés qui connaissaient les sources, ou par des fidèles moins informés, surtout sensibles à leur violence. Pour les peintres et surtout pour les commanditaires, le personnage de Judas est d’un intérêt considérable. La figure du traître s’appuie sur une bonne connaissance des textes ; les artistes ont ainsi pu créer un Judas obsédé par l’argent, possédé par le diable, Juif haïssable ne pensant qu’à trahir, ou au contraire un Judas à l’apparence banale, dont le destin est parfois même approché avec sympathie et compréhension. Ainsi, en Italie, s’il est impossible de parler de philosémitisme, l’hostilité qui se manifeste envers Judas dans les peintures est de degrés divers, souvent modérée. Dans le Miracle de l’Hostie Profanée de Paolo Uccello, l’antijudaïsme tient surtout au récit ; le peintre présente les personnages de manière bienveillante sans caractéristique morphologique négative. Le retable réalisé ensuite par Juste de Gand laisse penser que la seule issue pour les Juifs ne peut être que la conversion au christianisme. L’étude de ces trois symboliques du judaïsme permet de conclure qu’il existait bien des relations entre Chrétiens et Juifs pendant cette période dans ces régions de la péninsule italienne, et que celles-ci étaient guidées par l’intérêt des Chrétiens pour la religion des Juifs tant sur le plan de la langue, des textes que sur celui des rites.