Thèse en cours

Caractérisation des macrophages synoviaux et de leurs interactions avec les fibroblastes dans l’arthrose

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 15/12/2023. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Damien Laouteouet
Direction : Florence Apparailly
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Biologie Santé
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 15/12/2023
Etablissement(s) : Université de Montpellier (2022-....)
Ecole(s) doctorale(s) : Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé (Montpellier ; Ecole Doctorale ; 2015-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : IRMB - Cellule souches, plasticité cellulaire, régénération tissulaire et immunothérapie des maladies inflammatoires
Equipe de recherche : Physiopathologie et Immunothérapie des Pathologies Inflammatoires
Jury : Président / Présidente : Francis Berenbaum
Examinateurs / Examinatrices : Florence Apparailly, Julie Helft, Marie-Astrid Boutet, Gabriel Courties
Rapporteurs / Rapporteuses : Francis Berenbaum, Julie Helft

Mots clés

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Résumé

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Les macrophages représentent la population immunitaire majoritaire du tissu synovial, jouant un rôle essentiel dans le maintien de l'homéostasie tissulaire. Dans le contexte de l'arthrose, cette membrane devient inflammée et fibrosée, ce qui participe à la douleur et à la dégradation du cartilage observées chez les patients. Des études montrent que le nombre de macrophages est significativement augmenté dans la membrane synoviale arthrosique et qu’ils possèdent un profil pro-inflammatoire. Néanmoins, l'élimination de la totalité de la population des macrophages synoviaux dans les modèles animaux d'arthrose, donne des résultats contradictoires quant à leur rôle dans la pathogénèse de l'arthrose. La limite de cette stratégie réside dans le fait que les macrophages représentent une population hétérogène de différents types de macrophages aux fonctions distinctes. Afin de cibler la ou les sous-populations impliquées dans l’arthrose, il est donc nécessaire de les caractériser et d’étudier leurs fonctions respectives. Cependant, dans le contexte de l'arthrose, l’étude de l’hétérogénéité des macrophages reste à ce jour limitée et mérite une caractérisation plus approfondie. C’est dans cette perspective que s’inscrit ma thèse. En combinant diverses techniques telles que le séquençage d'ARN sur cellule unique, la cytométrie de masse par imagerie et la cytométrie en flux multiparamétrique, nous avons fait une caractérisation exhaustive des différentes populations de macrophages dans le tissu synovial sain et arthrosique chez la souris et l’humain. Nous avons identifié 3 sous-populations uniques de macrophages dans la membrane synoviale arthrosique : les macrophages Tim4+Lyve1+FolR2+ (TLF+), les macrophages MHCII+ et les macrophages Spp1+. Dans le modèle murin d’arthrose induite par la collagénase, nous montrons que les macrophages résidents TLF+ de la couche bordante possèdent une faible plasticité transcriptionnelle et se relocalisent dans la couche interstitielle de la membrane synoviale, proche de la néo-vascularisation pathologique. En parallèle, les macrophages Tim4-Spp1+ dérivés des monocytes, infiltrent massivement la couche interstitielle et adoptent un profil pro-inflammatoire et pro-fibrotique. Nous avons également analysé la composante stromale, mettant en lumière la présence significative du sous-type de fibroblastes activés FAP+ dans les deux couches de la membrane synoviale. Nous nous sommes alors penchés sur le rôle du dialogue entre les macrophages et les fibroblastes au cours de l’arthrose, via des analyses bio-informatiques in silico. Nos analyses suggèrent l'implication de plusieurs voies de signalisation via divers ligands tels que l'oncostatine M (OSM), l'ostéopontine et la galectine 3, particulièrement exprimés par les macrophages infiltrants dans le contexte de l'arthrose. Connus pour leurs rôles dans l'inflammation et la fibrose dans diverses pathologies, ces ligands pourraient jouer un rôle clé dans la synovite chronique au cours de l’arthrose. Parmi eux, l'oncostatine M se profile en tant que médiateur pertinent. En effet, en condition arthrosique les macrophages recrutés expriment fortement le gène associé à l’OSM, tandis que les fibroblastes expriment les gènes associés à ses récepteurs OSMR et IL6ST, suggérant une interaction ciblée entre ces cellules. Des études complémentaires in vitro et in vivo, sont en cours afin de valider ces mécanismes. Mes travaux de thèse soutiennent donc l’idée que l’interaction entre certains types de macrophages et de fibroblastes jouent un rôle clé dans le développement et la persistance de la synovite chronique au cours de l’arthrose. Ainsi, la modulation des médiateurs impliqués dans ce dialogue immuno-stromal pourrait à l’avenir constituer une voie thérapeutique prometteuse face à cette maladie, pour laquelle il n'existe aucun traitement curatif.