La gestion déléguée des prisons françaises : une production publique-privée de l'enfermement

par Nathan Rivet

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Jérôme Pélisse.

Thèses en préparation à Paris, Institut d'études politiques , dans le cadre de Institut d'études politiques (Paris). École doctorale depuis le 01-10-2019 .


  • Résumé

    Depuis 1987 et la loi relative au service public pénitentiaire, l’administration pénitentiaire française délègue à des entreprises privées plusieurs missions dites « non-régaliennes » à l’instar de la maintenance, la restauration, la buanderie, le travail pénal, la cantine ou encore l’accueil des familles en prison. Cette délégation, prenant la forme de marchés publics ou de partenariats public-privé, s’inscrit dans une histoire séculaire de liens entre secteur public et privé dans la gestion des prisons. L’objectif de cette thèse est d’interroger tout d’abord la genèse et l’évolution de cette gestion déléguée pénitentiaire, forme d’adaptation « à la française » des privatisations de prison comme l’ont connu les États-Unis ou le Royaume-Uni. Il s’agira aussi de prendre en compte la place qu’a la gestion déléguée dans la politique pénitentiaire française, notamment en termes de construction de nouvelles places de prison. Le deuxième pan de cette recherche s’intéresse aux modalités organisationnelles, techniques et juridiques développées depuis 30 ans par l’administration pénitentiaire pour contrôler, via la création de services spécialisés et d’indicateurs de performance, les prestations inclues dans le contrat signé avec les entreprises attributaires du marché. Enfin, une troisième partie souhaite étudier les relations et conséquences de ce dispositif pour les personnels pénitentiaires, dont les missions et territoires professionnels se recomposent face à l’introduction d’une nouvelle catégorie de travailleurs, les « personnels privés ».


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