Thèse en cours

Explorer le sens musical: Données expérimentales pour une sémantique de la musique

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AttentionLa soutenance a eu lieu le 31/08/2023. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Léo Migotti
Direction : Philippe SchlenkerJean-Julien Aucouturier
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sciences cognitives
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 31/08/2023
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Cerveau, cognition, comportement (Paris ; 1992-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Institut Jean-Nicod (Paris) (2002-....)
établissement opérateur d'inscription : École normale supérieure (Paris ; 1985-....)
Jury : Président / Présidente : Emmanuel Chemla
Examinateurs / Examinatrices : Philippe Schlenker, Isabelle Charnavel, Jean-Julien Aucouturier, Jonah Katz, Claire Pelofi
Rapporteurs / Rapporteuses : Isabelle Charnavel, Jonah Katz

Mots clés

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Résumé

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La musique a-t-elle un sens ? Et si oui, quel type de sens ? Dans cette thèse, nous présentons des données expérimentales qui soutiennent l'idée que la musique possède une sémantique : (i) la musique est capable de faire référence à une réalité extra-musicale, et (ii) elle le fait selon des règles systématiques. Afin de tester ces deux hypothèses, nous présentons quatre paradigmes expérimentaux dans lesquels la musique interagit avec d'autres facultés cognitives telles que le langage, la perception visuelle ou le mouvement corporel. Dans la première expérience, nous avons présenté aux participants des phrases hybrides dans lesquelles des stimuli musicaux remplaçaient des mots pour en évaluer le sens. Les résultats montrent que le contenu informationnel de la musique se répartit selon les différentes catégories de la typologie linguistique (i.e. les différents types d'inférences déclenchées par les phrases complexes) : les mécanismes cognitifs classifiant le sens dans le langage peuvent donc traiter l'information musicale. Dans la deuxième expérience, les participants devaient juger des scènes audiovisuelles dans lesquelles des propriétés musicales telles que la hauteur des notes, les nuances et le timbre étaient associées à des objets visuels. Les résultats montrent que (i) la hauteur des notes et les nuances peuvent être interprétées comme le niveau d'énergie ou la distance d'un objet visuel, (ii) ces propriétés peuvent être utilisées pour identifier un objet lorsque plusieurs objets sont présents, et (iii) le timbre est interprété comme la nature même d'un objet. Ces résultats montrent que les propriétés musicales ne sont pas seulement associées à des scènes générales, mais qu'elles sont liées à des objets contenus dans ces scènes. La troisième expérience est une étude de cas sur la musique qui évoque la marche. Nous avons cherché à déterminer les conditions de cette association grâce à une tâche de préférence dans laquelle les participants jugeait des stimuli selon leur capacité à faire référence à un personnage en train de marcher. Les résultats montrent qu'au moins cinq propriétés sont impliquées dans cette association : trois d'entre elles (stabilité, alternance, binarité) sont liées aux propriétés structurelles d'une marche, et deux d'entre elles (consonance absolue et proximité relative des accords) sont liées aux propriétés physiques d'une marche telles que la stabilité. La consonance est alors interprétée comme la stabilité de chaque pas, tandis que la proximité des accords est associée à la symétrie de la démarche. Ce modèle rend par ailleurs mieux compte de la sémantique de la musique évoquant des marches que les modèles précédents et fournit des données préliminaires suggérant que chaque événement musical est interprété comme un événement du monde réel. La quatrième expérience propose enfin de tester la possibilité de trouver des traces de la sémantique de la hauteur des notes sur le mouvement corporel. Les participants avaient pour tâche de marcher en rythme avec une série de sons dont la hauteur variait aléatoirement. Nous avons constaté que leurs pas étaient à la fois plus longs et réalisés avec une plus grande force sur les notes basses. La similarité entre l'effet physique produit par une note plus basse (associée à davantage de poids) et la sémantique d'une note plus basse (associée à des objets plus gros ou ayant moins d'énergie) suggère qu'il existe une interaction entre les représentations musicales et le système moteur. Dans l'ensemble, nos résultats fournissent des preuves en faveur d'une sémantique de la musique : la musique peut faire référence à une réalité extra-musicale selon un ensemble de règles systématiques. Ils montrent également que la musique interagit avec d'autres systèmes cognitifs, qu'ils portent directement un sens (langage) ou non (mouvement corporel), ce qui soulève des questions sur la manière dont les effets induits par la musique se rapportent à la signification musicale.