Thèse soutenue

Le design à l’épreuve des administrations centrales : étude de la mise en usage du design de service par les acteurs publics

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Auteur / Autrice : Bérangère Clepier
Direction : Philippe Durance
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences de gestion et du management
Date : Soutenance le 12/12/2024
Etablissement(s) : Paris, CNAM
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Abbé Grégoire (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l'action (Paris) - Stratégie, prospective, innovation et développement (Spid) - Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l'action
Jury : Président / Présidente : Madina Rival
Examinateurs / Examinatrices : Marie-Julie Catoir-Brisson, Marcel Guenoun, Olivier Hirt
Rapporteurs / Rapporteuses : David Carassus, Christophe Abrassart
DOI : 10.70675/b2303519z23acz4c95zb815z40d60ad5f67e

Mots clés

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Résumé

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Depuis une quinzaine d’années, des pratiques se réclamant du design se diffusent dans les administrations françaises, avec pour objectif de concevoir, de manière participative, des services publics plus adaptés aux besoins des citoyens. Dans le courant de l’innovation publique, et dans un processus plus long de modernisation de l’État, les méthodes du design apparaissent dans les pratiques et les discours des décideurs publics comme une nouvelle solution face aux outils néomanagériaux (Alauzen & Malivel, 2020) : progressivement, le design de service est perçu comme un instrument pertinent du point de vue de ces managers publics (Arab, 2017b).La littérature sur ces initiatives s’emploie évaluer le potentiel, la pertinence et les effets du design dans l’action publique, notamment par l’étude des labs, qui ont acquis une forme de légitimité. Cependant, si l’attrait du secteur public pour les méthodes issues du design semble indéniable, cela ne préjuge ni de l’usage qui en sera fait, ni de la fluidité des interactions qui vont se produire. La mise en place d’un nouvel outil dans une organisation peut en effet réserver des surprises et donner lieu à des résistances au niveau des acteurs qui ne restent pas passifs face à celui-ci (Martineau, 2009). L’intégration du design peut être d’autant plus frictionnelle qu’elle est réalisée à une échelle nationale : si les interventions au niveau territorial semblent en adéquation avec les façons de travailler des designers, les prestations au sein de l’administration centrale se confrontent, quant à elles, à un ensemble de barrières à l’innovation à un niveau macro, organisationnel et institutionnel (Mulgan et al., 2007; Pirinen, 2016).Ce travail de thèse se donne alors pour objectif d’analyser la mise en usage du design de service dans les administrations centrales au contact des décideurs publics. Plutôt que d’évaluer l’impact concret du design sur les services publics, cette recherche se concentre sur l’étude du design à l’épreuve des administrations (Gélédan, 2021), en mobilisant l’approche théorique par les instruments (Aggeri & Labatut, 2010), les théories sociologiques de l’usage des outils de gestion (Martineau, 2012) et la théorie de l’acteur stratégique (Crozier & Friedberg, 1977). Nous cherchons alors à faire dialoguer les sciences du design avec les sciences de gestion en nous inscrivant dans le courant de la recherche sur le design (Findeli, 2005).Pour comprendre ce que font les acteurs publics avec le design de service, nous nous sommes orientés vers une méthodologie qualitative et compréhensive : j’ai eu l’opportunité d’intégrer une structure de l’administration centrale, en tant que designer stagiaire pendant six mois au sein du secrétariat général du ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse et du ministère de l'Enseignement supérieur, ce qui constitue le terrain d’investigation principal de cette recherche. Par une analyse située, nous avons pu dans un premier temps comprendre la perception du design de service et le sens donné à l’outil par les acteurs publics, par rapport au sens prescrit initialement par les designers. Dans un second temps, nous avons montré que les acteurs publics peuvent réduire le champ d’application du design, en réaction à une forme de déstabilisation : pour rendre au design de service sa capacité à intéresser les acteurs et l’organisation, mais également pour poursuivre les buts qu’ils se sont eux-mêmes fixés, les décideurs publics procèdent à une réinvention de l’outil.