Auto-stigmatisation dans la schizophrénie : une méthode implicite pour étudier les mécanismes cognitifs et contextuels.

par Thomas Fournier

Projet de thèse en Psychologie

Sous la direction de Antoinette Prouteau.

Thèses en préparation à Bordeaux , dans le cadre de Sociétés, Politique, Santé Publique , en partenariat avec Laboratoire de Psychologie (laboratoire) depuis le 02-09-2019 .


  • Résumé

    Justification : La stigmatisation des maladies mentales est considérée comme un enjeu majeur en santé mentale par les instances internationales (OMS, 2016) et françaises (rapport Laforcade, 2016). Dans des maladies mentales sévères telles que les troubles du spectre de la schizophrénie, l'auto-stigmatisation est aujourd'hui reconnue comme un vecteur de handicap dans divers domaines. A ce jour, les mécanismes à l'origine de l'auto-stigmatisation restent cependant mal connus, et très peu étudiés dans le contexte spécifique de la France. Cependant, les outils actuellement utilisés dans la littérature sont sujets à des biais importants, limitant la fiabilité des données et l'étude des mécanismes de l'auto-stigmatisation. Objectif : Ce projet a pour objectif d'identifier les mécanismes sous-jacents à l'auto-stigmatisation dans la schizophrénie en intégrant les apports théoriques et méthodologiques de la neuropsychologie clinique, de la psychologie sociale et de la psychiatrie. Méthode et étapes opérationnelles : Ce projet se centre dans une première phase sur le développement d'une mesure implicite de l'auto-stigmatisation afin de pallier les biais et limites propres aux outils existants (e.g. désirabilité sociale, gestion des impressions) et de rendre compte de processus automatiques inaccessibles aux mesures classiques, explicites. Cet outil permettra, dans une seconde phase, l'étude approfondie et compréhensive des mécanismes sous-jacents à l'auto-stigmatisation à travers une série d'études empiriques. S'appuyant sur une revue systématique de la littérature internationale, elle comprendra 3 volets : 1) une série d'expérimentations en population générale permettra d'identifier le rôle de mécanismes psychologiques (e.g. cognitifs, subjectifs, contextuels) dans l'internalisation de la stigmatisation ; 2) une étude de groupe auprès de personnes ayant une schizophrénie, portera sur le rôle de facteurs spécifiques à la schizophrénie (e.g. nombre d'hospitalisations, durée de la maladie, phases de rétablissement) ; 3) une série de protocoles expérimentaux en cas unique, également en population clinique, vise à caractériser les profils de variabilité intra-individuelle de l'auto-stigmatisation dans le temps. A terme, la phase 2 permettra de proposer des recommandations quant aux leviers thérapeutiques à inclure dans des interventions visant la réduction de l'auto-stigmatisation et s'inscrivant dans une pratique basée sur les preuves. Calendrier de la recherche : La phase 1 de ce travail, centrée le développement d'un outil de mesure implicite de l'auto-stigmatisation, s'effectuera en 12 mois. La phase 2, visant l'identification de mécanismes sous-jacents à l'auto-stigmatisation, s'effectuera en 18 mois.

  • Titre traduit

    Self-stigma in schizophrenia: an implicit method to study cognitive and contextual mechanisms.


  • Résumé

    Justification: Stigma of mental illness is considered a major mental health issue at international level (WHO, 2016) and in France (Laforcade report, 2016). In severe mental illnesses, like schizophrenia spectrum disorders, self-stigma is an important vector of functional disability. To date, mechanisms underlying self-stigma are not well understood, with only few studies, especially in the specific French context. However, measurement tools currently used in literature are subject to biases limiting reliability of data and not allowing to study mechanisms underlying self-stigma. Objective: This project aims to identify mechanisms underlying self-stigma in schizophrenia with theories and methods form clinical neuropsychology, social psychology and psychiatry. Method and operational steps: Phase 1 of the project focus on developing an implicit measure of self-stigma to avoid biases and limits from existing tools (e.g. social desirability, impression management) and to assess automatic processes beyond the reach of classic, explicit tools. Phase 2 will use this implicit measure through a series of comprehensive and empirical studies about mechanisms underlying self-stigma. Based on a systematic review of international literature, phase 2 will be split into 3 methodologies using implicit measure: 1) a series of experiments in general population will allow to identify the role of psychological mechanisms (e.g. cognitive, subjective, contextual) in the internalization of stigma; 2) a group study in clinical population will focus on specific factors in schizophrenia (e.g. hospital admissions; duration of illness; recovery stage); 3) a series of single case experimental designs in clinical population will focus on individual variations of self-stigma over time. Eventually, phase 2 will allow to produce guidelines for evidence based self-stigma reduction interventions. Research schedule: Phase 1 will be completed in 12 months and phase 2 in 18 months.