Thèse en cours

Transplantation Rénale : Evaluation de la Spectroscopie vibrationnelle dans l'Analyse Urinaire pour le diagnostic du Rejet de greffe (TRESAUR)

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Auteur / Autrice : Elie Sarkees
Direction : Vincent Vuiblet
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Aspects moléculaires et cellulaires de la biologie
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2018
Etablissement(s) : Reims
Ecole(s) doctorale(s) : Ecole doctorale Sciences Fondamentales et Santé
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : BioSpectroscopie Translationnelle

Résumé

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Le rejet d'allogreffe en transplantation est la première cause de perte du greffon rénale, ceci malgré l'amélioration constante des stratégies immunosuppressives. La précocité de la prise en charge thérapeutique de ces rejets aigus est un facteur clef dans le pronostic de cette complication. En effet, la prise en charge précoce, avant même la survenue d'une insuffisance rénale, permet d'instaurer un traitement avant que des lésions chroniques, de type fibrose et inflammation interstitielle, conduisent à la dysfonction puis à la perte du greffon. Le socle diagnostic du rejet aigu d'allogreffe est l'analyse histologique de biopsies de greffon dont l'interprétation est réalisée selon une classification internationale, la classification de Banff. Cette analyse requiert donc un geste invasif dans un organe richement vascularisé et donc pourvoyeur de complications telles que des hématomes, hématurie macroscopique, rétention aigue d'urine, infection, fistules artério-veineuses. Dans les cas les plus graves, la perte du greffon peut être envisagée. En raison, de l'invasivité de ce geste biopsique et des complications inhérentes, la surveillance histologique des greffons est réservée à des périodes clefs de la transplantation : le 3ème (M3) et le 12ème (M12) mois après la transplantation. Ainsi, de nombreux centres de transplantation adoptent une stratégie de surveillance incluant une biopsie de dépistage à M3 et M12, même en dehors de toute dysfonction du greffon. Grâce à cette stratégie, des lésions de rejet aigu peuvent être découvertes et traitées précocement. De plus des biopsies de greffon indiquées pourront être réalisées en cas de dysfonction de greffon ou d'apparition d'anticorps dirigé contre le greffon. En cas de rejet aigu, l'évaluation de l'efficacité du traitement de ce rejet sera évaluée sur une nouvelle biopsie de greffon de contrôle à 1 mois du traitement afin de constater la régression de l'infiltrat inflammatoire. Du fait des risques liés aux biopsies pour le greffon (hématomes, hémorragie, fistules artério-veineuses, rétention aigue d'urine, hématurie macroscopique) ainsi que des contraintes techniques et organisationnelles, l'analyse histologique, particulièrement en dépistage (en dehors de dysfonction du greffon) ne peut être multipliée autant que nécessaire surtout en début de greffe, là où les rejets sont les plus fréquents. Afin de répondre à cette nécessité de surveillance étroite, imparfaitement accomplie par l'étude histologique, l'identification de nouveaux biomarqueurs accessibles de manière non invasive constituerait une avancée significative. Dans le cas de la transplantation rénale, l'urine est un liquide biologique particulièrement intéressant puisqu'il véhicule cellules, protéines et nombreuses autres molécules ayant transité par le greffon ou étant produites par celui-ci. Il s'agit donc d'un échantillon particulièrement intéressant, très facile à recueillir sans geste invasif et offrant la possibilité de réaliser des analyses itératives. Récemment, plusieurs études se sont intéressées à la recherche de biomarqueurs urinaires. Par exemple, les analyses de mRNA et protéomiques urinaires ont permis d'identifier plusieurs marqueurs associés à l'inflammation, à l'ischémie froide ou à la reprise retardée de fonction. Malgré ces avancées, à ce jour, aucun de ces indicateurs moléculaires n'apparait comme marqueur étalon permettant le diagnostic de rejet en routine clinique. L'application restreinte de ces approches est due à la multiplicité de ces acteurs moléculaires (connus et encore inconnus) et à leur éventuelle combinaison pondérant leur implication. Afin de pallier cette limitation, nous proposons d'évaluer la capacité de la spectroscopie vibrationnelle à identifier, à partir de prélèvements d'urine, une nouvelle génération de marqueurs spectroscopiques indicateurs de rejet aigu chez les patients transplantés rénaux. En effet, l'analyse biofluidique des urines par spectroscopie Raman ou infrarouge permet d'accéder à la globalité des molécules présentes dans ce liquide, en un seul enregistrement et sans préparation particulière de l'échantillon. Le traitement statistique des données multivariées permettra d'identifier pour chaque situation clinique, immunologique et/ou histologique un profil spectral spécifique, et ainsi d'établir une base de marqueurs spectroscopiques diagnostiques indépendants de la variabilité inhérente à la matière biologique. Pour ce faire, les urines provenant des patients transplantés rénaux suivis au CHU de Reims seront recueillies. L'analyse spectrale sera confrontée aux données cliniques, biologiques, immunologiques et histologiques. Pour chaque patient, plusieurs prélèvements seront aussi régulièrement analysés de façon à suivre l'évolution du patient sur la période d'étude.