Le Nouveau roman arabe : la production romanesque au regard de la critique (les romans de Ṣunʿ Allāh Ibrāhīm comme exemple)
| Auteur / Autrice : | Lamjed Ben Romdhan |
| Direction : | Elisabeth Vauthier |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Études arabes et islamiques |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2018 |
| Etablissement(s) : | Lyon 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon ; 2007-....) |
Mots clés
Résumé
Cette thèse porte sur la réception du Nouveau Roman arabe dans le discours critique. Elle vise à comprendre le processus de réception de ce courant romanesque novateur, qui a exercé un impact majeur sur les formes de création littéraire dans le monde arabe durant la seconde moitié du XXe siècle. La recherche explore les dynamiques entre la critique arabe et la création romanesque, ainsi que les débats animés entre des critiques aux approches et aux convictions idéologiques variées. Nous cherchons ainsi à analyser les difficultés auxquelles le Nouveau Roman arabe s’est heurté dans sa tentative de s’imposer comme un mouvement à part entière dans la littérature arabe moderne. En analysant ces conflits importants, on cherche à éclairer les défis entourant sa reconnaissance, en examinant les résistances, les réinterprétations et les mécanismes de légitimation. Pour mener à bien cette recherche, nous avons choisi comme corpus principal le discours critique produit autour de l’œuvre de Ṣunʿ Allāh Ibrāhīm, dans la mesure où celle-ci est représentative de l’ensemble des productions relevant de ce courant. En outre, cette oeuvre a suscité de vives polémiques et donné lieu à des débats critiques souvent contradictoires, ce qui en fait un terrain particulièrement fertile pour l’analyse des mécanismes de réception. Elle a captivé l’attention de critiques issus de différentes générations et d’horizons critiques variés, depuis les années 1960 jusqu’à aujourd’hui. La méthodologie de cette recherche est principalement fondée sur la théorie de la réception, plus particulièrement sur les réflexions de Hans Robert Jauss ainsi que sur les développements théoriques qui en ont découlé. Cette théorie, qui s’enracine dans la philosophie herméneutique et phénoménologique, met l’accent sur l’importance du lecteur dans la réalisation du texte littéraire. Elle suggère d’étudier l’histoire littéraire en examinant les diverses façons dont les oeuvres sont perçues, en tenant compte non seulement du texte lui-même, mais également des commentaires critiques qui l’entourent. En partant de cette perspective, cette démarche sert de base à notre étude de l’origine du Nouveau Roman arabe, ainsi qu’à l’analyse de « l’horizon d’attente » dans lequel ce mouvement littéraire s’inscrit et avec lequel il interagit, tout en mettant en évidence « l’écart esthétique » qu’il crée par rapport aux normes littéraires existantes. Elle nous incite ainsi à examiner plusieurs questions fondamentales sur l’origine de ce courant, sur les conditions de son émergence, sur les facteurs qui ont favorisé son développement ainsi que sur son rapport aux formes antérieures de la création romanesque. Elle permet également d’identifier les éléments qui guident les critiques dans l’analyse et l’évaluation de ce courant. Pour approfondir l’étude du discours critique, nous utilisons également des approches méthodologiques complémentaires, telles que la pragmatique, influencée par les travaux de Dominique Maingueneau et Patrick Charaudeau, ainsi que la « nouvelle rhétorique » élaborée par Chaïm Perelman et Lucie Olbrechts-Tyteca. Ces outils permettent d’analyser les mécanismes discursifs et argumentatifs à l’oeuvre dans les textes critiques. Cet angle théorique nous a permis de mettre en lumière les intentions implicites, les stratégies argumentatives et les présupposés idéologiques qui guident les critiques dans leur usage de la langue et dans leurs choix d’interprétation.