Thèse en cours

La dimension juridique de la pensée d'Ibn 'Arabî

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Auteur / Autrice : Kahina Bahloul
Direction : Pierre Lory
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Etudes arabes, civilisations islamique et orientales
Date : Inscription en doctorat le 01/12/2018
Etablissement(s) : Université Paris sciences et lettres
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale de l'École pratique des hautes études
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Laboratoire d'études sur les monothéismes
établissement opérateur d'inscription : EPHE PARIS

Mots clés

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Résumé

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La grande majorité des études faites en Occident, sur la pensée d'Ibn ‘Arabî (560637/1165-1240) s'est portée sur les aspects métaphysique, philosophique et mystique de celleci. Si bien que le Cheikh est identifié comme étant le penseur théosophe par excellence de la pensée musulmane. L'objectif d'une thèse sur la pensée juridique d'Ibn ‘Arabî serait de montrer et de mieux connaître l'influence du Cheikh sur cette discipline religieuse. En effet, il y a un grand intérêt à essayer de comprendre en profondeur les développements assez conséquents que le Cheikh fait dans les Futūḥāt sur les principes de l'herméneutique légale (Usûl al-fiqh) et comment cela a influencé les ulémas et en comparaison aux grands principes du fiqh tels que nous les connaissons aujourd'hui, essayer de comprendre en quoi l'approche akbarienne a pu être une source qui aurait pu contribuer à établir, affirmer ou à jeter un regard critique sur ces principes qui, disons le, représentent aujourd'hui un grand frein à l'évolution de cette discipline tombée dans le taqlîd (l'imitation) des anciens (salaf), ce mécanisme consistant à accepter et à appliquer les préceptes d'une jurisprudence énoncée par une école juridique sans aucune remise en cause ni critique. Quelle est la position du Cheikh vis-à-vis de tels principes ? Quelle est son approche des usûl al-fiqh et du fiqh lui-même ? Connaissant les visées cosmologiques de sa pensée philosophique et mystique, est-ce que la même logique est présente dans sa pensée légale ? Dans quelle mesure sa pensée légale intègre-t-elle la sagesse et la profondeur de la compréhension soufie de l'être vivant en tant qu'expression du divin ? Quelle est sa position vis-à-vis du qiyâs (l'analogie) et al-'ijm①(le consensus) qui sont toutes deux, des notions qui désignent des méthodes de raisonnement utilisées par les juristes musulmans pour déterminer la solution d'un problème de droit. Ce que nous pouvons observer c'est que ces mécanismes ont abouti à instaurer un système religieux qui a transformé la vocation spirituelle de la religion en un système social et politique dont l'objectif ultime est de faire régner le conservatisme dans tous les domaines de la vie et ceci en s'appuyant sur des mécanismes de production de « savoir » immuables. La source principale pour étudier le fiqh d'Ibn ‘Arabî est les Futūḥāt où il consacre de longs développements à plusieurs sujets qui relèvent du domaine de la loi religieuse. Il y traitedes sujets tels que la prière, la pureté rituelle, le jeûne, etc. Dans les Fuṣūṣ, la dimension politique du pouvoir détenu par les prophètes en tant qu'intermédiaires entre Dieu et les humains et son lien au pouvoir divin est une thématique très présente dans les histoires des prophètes. David étant l'archétype du prophète qui a la vice-gérance de Dieu dans le jugement (al-khilâfa ‘an Allâh fî al-hukm). Un des objectifs de cette étude est d'essayer de comprendre comment le grand maître de la spiritualité musulmane qui érige le dévoilement spirituel comme méthode principale d'accès au savoir, aborde les questions qui jusque là relevait du seul domaine des juristes et de leurs méthodes de déduction des règles de la loi.