Thèse en cours

Écrire, filmer et performer les mémoires de l'esclavage transatlantique. Une étude échopoétique des veillées, de la nuit et des profonds.

FR  |  
EN
Auteur / Autrice : Lucile Combreau
Direction : Xavier GarnierCorinne Maury
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Littérature comparée et études cinématographique
Date : Inscription en doctorat le 20/10/2018
Etablissement(s) : Paris 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Littérature française et comparée (Paris)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Théorie et histoire des arts et des littératures de la modernité (Paris)

Résumé

FR  |  
EN

Parce que les lieux officiels dédiés aux mémoires de l’esclavage se sont multipliés de part et d’autre de l’Atlantique depuis deux décennies, les caractères (in)dicibles et (in)visibles de ces mémoires intimes et collectives sont devenus un enjeu pour les artistes qui cherchent à les écrire, les filmer et les performer. Aujourd’hui, un cinéma et une littérature « palimpsestes » (Genette) remettent en mouvement les archives et les textes fondateurs (Césaire, Glissant, Louverture, Walcott, etc.) de ces mémoires vives et vivantes, dans un processus de décomposition et de recomposition ouvert aux devenirs. Du fait de la violence de la déportation transatlantique, de l’arrachement à l’Afrique, puis de l’exploitation conjointe des corps et des terres, la relation – et en particulier la relation aux (mi)lieux, à la terre et à l’espace – relève à la fois d’une difficulté et d’une nécessité pour les démarches artistiques qui mettent en œuvres ces mémoires, dans un contexte postcolonial profondément lié aux questions écologiques. À partir d’une étude échopoétique, cette recherche propose de porter attention aux expériences des veillées contemporaines, de la nuit et des « profonds » (Glissant) marins, souterrains et aériens, auxquelles nous invitent les œuvres de Fabienne Kanor et du collectif The Living and The Dead Ensemble. Depuis les lieux d’opacité, depuis le déparler, l’obscurité et la cinésie (Gilroy), ces démarches artistiques permettent d’inscrire les singularités des mémoires de l’esclavage au sein d’un espace de résonance et de partage, dans une relation vivante au passé qui ouvre de nouvelles trajectoires à travers l’espace atlantique, voire au-delà.