Thèse en cours

Trépanations crâniennes préhistoriques : de l'identification à l'interprétation

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Auteur / Autrice : Aliénor Lepetit
Direction : Philippe ChambonAline Thomas
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Anthropologie biologique, Archéologie funéraire
Date : Inscription en doctorat le 17/09/2018
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la nature et de l'Homme - Évolution et écologie (Paris ; 1995-....)

Résumé

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Dès la fin du XIXe siècle, la communauté scientifique s'accorde à reconnaître l'origine préhistorique de la trépanation crânienne. Cette opération, visant à ouvrir la voûte crânienne in vivo sans léser les structures cérébrales sous-jacentes, est en effet très tôt attestée par la multiplication des découvertes. D'après ces données, c'est à partir du Néolithique que la trépanation crânienne est pratiquée avec une grande maîtrise technique. Au début du XXe siècle, alors que l'archéologie se constitue progressivement en discipline scientifique, l'attention est avant tout portée sur l'objet lui-même, qu'il s'agisse du crâne ou du volet osseux extrait lors de l'opération. Les scientifiques de l'époque portent encore peu d'attention à la préservation des restes infra-crâniens ou aux contextes de découverte. L'héritage de cette période de profusion exploratoire est aujourd'hui représenté d'un côté par la richesse d'une collection de crânes trépanés et de volets osseux, d'un autre côté par le foisonnement d'hypothèses, ou plutôt « d'opinions », solidement arrimées à ce domaine d'étude, telles que la valeur symbolique de l'opération ou du volet osseux extrait : les célèbres « amulettes protectrices » de Paul Broca. L'enjeu que revêt aujourd'hui l'étude des trépanations préhistoriques est celui de l'authentification des données. Les avancées technologiques récentes, notamment dans le domaine de l'imagerie et de la reconstruction 3D, garantissent un cadre optimal au développement d'une analyse descriptive extrêmement fine de scanners post-opératoires de patients actuels ayant subis une craniectomie et des collections de crânes trépanés. De plus, l'explosion du nombre d'opérations de terrain sur le territoire français au cours de ces trente dernières années a conduit à la production d'une documentation de première main abondante et de haute qualité. Dans le cadre d'une analyse des nouveaux cas d'individus trépanés, l'ensemble des données archéologiques, funéraires et anthropologiques afférentes autorisent une lecture interprétative fiable. Ce projet se décline en deux principaux axes. Le premier est d'ordre méthodologique, le second, appliqué au contexte Néolithique, envisage une approche archéo-anthropologique ouverte sur des interprétations socio-culturelles. Le premier axe vise à lever les trois principaux verrous méthodologiques qui entravent encore toute interprétation des trépanations archéologiques : - L'existence de nombreuses « pseudo-trépanations » rarement discutées dans le cadre d'un diagnostic différentiel - La méconnaissance des modalités de cicatrisation de la voûte crânienne - L'absence de référentiel morphologique des ouvertures crâniennes en lien avec leur mode opératoire