Jean-Luc Nancy à l'atelier : un art inédit d'être au monde
| Auteur / Autrice : | Yann Goupil |
| Direction : | Aline Wiame, Sophie Lécole-Solnychkine |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Philosophie |
| Date : | Soutenance le 07/03/2025 |
| Etablissement(s) : | Université de Toulouse (2023-2025) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Arts, Lettres, Langues, Philosophie, Communication (Toulouse) |
| Partenaire(s) de recherche : | Établissement délivrant conjointement le doctorat : Université Toulouse - Jean Jaurès (1970-....) |
| Laboratoire : Équipe de recherche sur les rationalités philosophiques et les savoirs (Toulouse ; 1999-....) | |
| Jury : | Président / Présidente : Olivier Schefer |
| Examinateurs / Examinatrices : Peter Szendy | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Jean-Michel Durafour | |
| DOI : | 10.70675/f6fac6d6zf485z4c65z8fcczb71f322dbbaa |
Mots clés
Résumé
Très tôt dans son itinéraire philosophique, Jean-Luc Nancy a été sollicité par les artistes, les commissaires d’exposition, les musées ou les écoles d’art pour un échange, un texte de catalogue, une conférence. Ces sollicitations – où il faut entendre ici le sollicitare latin qui fait signe vers ce qui remue fortement, agite et inquiète – ont infléchi son geste et, peu à peu, son approche de l’art a débordé le cadre de ces sollicitations pour devenir un motif essentiel dans le frayage de sa pensée. Prenant acte de cette architectonique nancéenne, notre recherche met en évidence la motion et l’émotion d’une pensée qui excède ce qu’on appelle une « philosophie de l’art » et qui ouvre plutôt sur un art inédit d’être au monde.Dans un monde tout entier dévoué à la production, à la croissance, au progrès, un geste traverse et persiste, un désir ou une désirance, c’est-à-dire selon Jean-Luc Nancy un désir de désirer. Ce geste, ce désir a pris le nom d’art, un nom dont le concept a mué jusqu’à finir par déborder tout concept et tout usage. Cette opiniâtreté du geste, Jean-Luc Nancy l’a éprouvée en visitant intensément et d’une manière enjouée les ateliers, les scènes et les plateaux, ces lieux sans demeure où il s’est demandé si l’art touche – un toucher qui inquiète et dérange – à l’événement d’être qui se dit aussi existence. Il s’est demandé ou s’est laissé demander si l’art est un toucher d’exister.Notre recherche, à travers les motifs du sens et du désir qui traversent le corpus nancéen, fait résonner l’atelier philosophique et l’atelier artistique pour souligner leur comparution ou, autrement dit, la trans-parution, d’un atelier l’autre, où l’un se montre à travers l’autre. À l’atelier, Jean-Luc Nancy pense une pensée singulière et irréductible, un penser-sentir, faisant signe vers un art inédit d’être monde, modulant et art et philosophie.