Thèse en cours

Etude du microenvironnement des lymphomes cutanés B

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Triangle exclamation pleinLa soutenance a eu lieu en 2021. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Sarah Menguy
Direction : Anne Liên Pham-Ledard
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Biologie Cellulaire et Physiopathologie
Date : Soutenance en 2021
Etablissement(s) : Bordeaux
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la vie et de la santé (Talence, Gironde ; 1993-....)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Merlio
Jury : Président / Présidente : Cécile Badoual
Examinateurs / Examinatrices : François Le loarer, Camille Laurent, Nicolas Larmonier
Rapporteurs / Rapporteuses : Cécile Badoual, Camille Laurent

Résumé

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Parmi les lymphomes primitifs cutanés, environ 25% sont de phénotype B. Ils regroupent 3 entités principales: lymphome B centro-folliculaire (LBCF) et lymphome B de la zone marginale (LBZM), qui sont indolents, et lymphome B diffus à grandes cellules de type jambe (LBTJ), de comportement agressif. Dans les tumeurs solides et plus récemment pour les lymphomes, les traitements ciblant le microenvironnement tumoral (TME) ou "immunothérapies" se développent et ont montré leur efficacité. Pour développer ces thérapeutiques dans les lymphomes, il est nécessaire de connaitre la composition du microenvironnement immunitaire et de comprendre les mécanismes participant à l’échappement tumoral. Dans les lymphomes B cutanés (LBC), peu de choses sont connues sur les cellules immunitaires constituant le TME, en particulier, leur type, leur localisation par rapport à la tumeur, et leur profil d'expression. L’objectif du projet était de comparer la composition du TME d’une série de 20 LBC regroupant 10 LBTJ, 5 LBCF et 5 LBZM, afin de déterminer des facteurs associés à l'agressivité clinique. Pour étudier le TME, nous avons développé 2 techniques du multiplexage en immunofluorescence. Le multiplexage permet de visualiser sur une seule et même coupe de tissu jusqu’à 8 marqueurs différents. Le panel pour l’étude des lymphocytes T intra tumoraux (TILs), qui incluait les anticorps CD20, CD3, CD8, FOXP3, PD1, Granzyme B et Ki67, a été réalisé par une technique automatisée à l’aide des kits OPAL® (Akoya Bioscience). Le panel pour les cellules myéloïdes, qui incluait les anticorps CD19, CD68, CD163, CD11c, CD33, PDL1, IDO et CSF1R, était une technique manuelle de marquages séquentiels. Les images ont été exploitées à l’aide du logiciel d’analyse d’images HALO® (Indica Labs). LBTJ avaient significativement moins de TILs que les LBCF et LBZM (p=0.0280), et ils étaient mêlés à la prolifération tumorale, alors que dans les LBCF et LBZM, les TILs se localisaient autours des nodules tumoraux et s’insinuaient plus ou moins dans la prolifération tumorale. Dans les LBTJ, les TILs étaient composés d’un mélange de CD4 et CD8, alors que les CD4 étaient prédominants dans les LBZM et LBCF. Les TILs prolifératifs Ki67+ étaient plus abondants dans les LBTJ (p=0.0006). Dans les LBTJ, une densité élevée de TILs prolifératifs (CD3+Ki67+ > 500/mm²) était associée à une meilleure survie sans progression (p=0.0101). Par ailleurs, une densité élevée de cellules cytotoxiques Granzyme B+ (>600/mm²) était associée à une meilleure survie sans progression pour tous les LBC (p=0.0259). Les macrophages et en particuliers les M2 (CD68+CD163+) étaient plus nombreux dans les LBTJ que dans les LBCF et les LBZM (respectivement p=0.0044 et p=0.0001). Il n’y avait pas de différence pour les cellules dendritiques (CD11c+CD68-) entre les 3 entités. Les cellules myéloïdes suppressives étaient très rares. Les cellules PDL1+ et en particulier les macrophages PDL1+ étaient plus représentés dans les LBTJ (p=0.0001 et p=0.0002). IDO semblait plus exprimé dans les LBTJ. Il existait une corrélation entre l’expression de CSF1R et la densité de macrophages M2 (p=0.0263). Dans les LBTJ, une abondance de macrophages M1 (surface de marquage >0,75%) était associée à une meilleure survie spécifique (p=0.0431). Par multiplexage, nous avons montré que le TME des LBC était différent dans sa composition et dans son organisation spatiale selon les sous-types. Le TME des LBTJ (lymphome agressif) était riche en macrophages surtout M2, mais pauvre en TILs, comparé aux lymphomes indolents. La présence de TILs prolifératifs et cytotoxiques impactait la survie. La connaissance du TME apporte des informations utiles pour pouvoir modéliser in vitro des LBC (co cultures de cellules tumorales et myéloïdes en 2D et encapsulation 3D). La mise en évidence de facteurs du TME liés à l’agressivité clinique constitue également des pistes de cibles thérapeutiques potentielles, comme par exemple les anti-PDL1 dans les LBTJ.