Thèse en cours

Le Faire avec la langue. Pour une généalogie des queerféminismes littéraire entre les États-Unis et la France, d'après les œuvres de Kathy Acker, Hélène Cixous, Violette Leduc et Audre Lorde

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Auteur / Autrice : Claire Finch
Direction : Anne emmanuelle Berger
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Etudes de genre, Littérature comparée
Date : Inscription en doctorat le 04/09/2017
Etablissement(s) : Paris 8
Ecole(s) doctorale(s) : ED Pratiques et théories du sens
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Laboratoire d'études du genre et de la sexualité

Résumé

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Cette thèse s’inspire d’une suggestion de l’autrice Kathy Acker, selon laquelle les pratiques textuelles et sexuelles partageraient une capacité à réarticuler la façon dont les corps et les formations sociales sont interprétés. La thèse vise à décrire les stratégies littéraires qui permettent de telles recompositions et à les positionner au sein d’une orientation politique et théorique spécifique : celle des « queerféminismes ». Elle propose le terme de queerféminismes en réponse à un malaise catégoriel produit par la consolidation des études de genre et des études queer en tant que disciplines, ainsi que par leur traduction et leur circulation, observée à partir des échanges de ces courants de pensée entre la France et les États-Unis. L'utilisation du terme « queerféminismes » cherche à contester l’adoption d’une chronologie orientée vers le progrès, tant dans les études de genre que dans les études queer. Elle vise également à mettre en lumière les travaux critiques de ces deux disciplines, qui conçoivent les approches féministes et queer comme indissociables des analyses de la racialisation et de la normalisation. Les queerféminismes littéraires, soutient cette thèse, emploient l'expérimentation textuelle comme forme majeure de pratique politique. Elle effectue deux interventions principales, de par son double ancrage dans les études de genre et dans la littérature comparée. D’abord, elle propose une recontextualisation des objets et des sources des théories féministes et queer anglo- étatsuniennes contemporaines telles qu’elles sont interprétées dans un cadre français. Deuxièmement, la thèse déploie une lecture croisée de textes de quatre autrices, Kathy Acker, Hélène Cixous, Violette Leduc et Audre Lorde, pour établir une généalogie des approches textuelles qui pratiquent, de manière anachronique, des éléments clés des pensées queerféministes. Chaque chapitre présente une intersection, centrale à mes yeux, de stratégies textuelles et de tactiques de résistance politique : soit, les stratégies littéraires associées aux conceptions féministes et queer de la lutte et de l’avenir ; les conditions d’entrée sur le marché littéraire pour les voix marginalisées confrontées aux antagonismes liés au genre et aux pratiques sexuelles ; les relations entre l’invention littéraire et l’évolution des perspectives féministes ; et enfin la centralité des descriptions textuelles de l’érotisme et des pratiques sexuelles. Dans une approche qui conjugue recherche et méthodologie littéraire créative, les deux derniers chapitres performent et illustrent les déplacements littéraires queerféministes en même temps qu’ils les définissent. En étudiant les figures du vomi et du gode, ces chapitres visent à produire d’approches alternatives, féministes et queer, de la critique littéraire. La thèse soutient que les stratégies queerféministes littéraires sont de puissants outils de lutte, des méthodes à part entière de transformation sociale, plutôt que de simples mises en œuvre littéraires d’une politique préétablie.