Le juge constitutionnel et les relations entre le Parlement et l'exécutif en République fédérale d'Allemagne
| Auteur / Autrice : | Yacine Sejari |
| Direction : | Armel Le Divellec |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Soutenance le 15/11/2024 |
| Etablissement(s) : | Université Paris-Panthéon-Assas |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Georges Vedel Droit public interne, science administrative et science politique (Paris ; 1992-....) |
| Jury : | Président / Présidente : Olivier Jouanjan |
| Examinateurs / Examinatrices : Anna-Bettina Kaiser, Guillaume Tusseau | |
| Rapporteurs / Rapporteuses : Aurore Gaillet, Thomas Hochmann | |
| DOI : | 10.70675/a8db30fbze73az4be6z939dz4dbcf8daf7af |
Résumé
La Cour constitutionnelle fédérale a pu traiter de nombreux litiges se rapportant aux relations entre le Parlement et l’exécutif, surtout grâce au mécanisme du litige entre organes. Or, le texte de la Loi fondamentale ne fournit pas à lui seul un cadre juridique suffisant pour définir ces relations. C’est ainsi que cette thèse se propose de mettre en lumière non seulement la participation du juge constitutionnel à la construction de normes opératoires, mais aussi les schémas idéels sous-jacents qui orientent et rendent possible la concrétisation du texte constitutionnel. C’est à partir d’une certaine vision du principe de démocratie et de la division du pouvoir, qui doivent peu aux énoncés de la Loi fondamentale, que la Cour a produit différentes réserves parlementaires, et qu’elle a renforcé substantiellement les droits à l’information des députés et encadré la compétition politique. Le volet juridique du système parlementaire allemand est donc déterminé de manière importante par le juge constitutionnel. Cependant, un système de gouvernement ne se réduit jamais à cet aspect juridique formel. Le présent travail met en évidence des limites importantes à l’emprise juridique d’une Cour constitutionnelle – aussi puissante soit-elle – sur la logique institutionnelle du système parlementaire. Ce dernier comporte, en effet, une part informelle décisive qui échappe aux normes constitutionnelles. De plus, le juge constitutionnel, en tant qu’acteur intégré au sein du système, peut parfois être amené à restreindre son contrôle, notamment lorsque tous les partis politiques et trois organes constitutionnels majeurs — le Bundestag, le chancelier et le président fédéral — s’accordent dans le même sens. En définitive, le juge constitutionnel n’est pas un acteur décisif dans la détermination des grands équilibres d’un système de gouvernement.