La nuit de la conscience : mythologie et Révélation dans la dernière philosophie de F. W. J. Schelling
| Auteur / Autrice : | Luca Rodriguez |
| Direction : | Bruno Pinchard |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Philosophie mention histoire de la philosophie |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2016 Soutenance le 19/12/2025 |
| Etablissement(s) : | Lyon 3 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale de philosophie (Lyon ; Grenoble ; 2007-....) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Notre thèse aborde la genèse de la conscience religieuse, son évolution à travers la mythologie et sa transformation à partir de la Révélation dans la dernière philosophie de F. W. J. Schelling (1775-1854). Mythologie et Révélation sont les objets par excellence de cette période (1827-1854), qui correspond à l’annonce du positif et au rétablissement de ses droits en philosophie. Quant à la méthodologie de notre travail, conformément à la démarche schellingienne, nous privilégions une approche diachronique et génétique de la conscience. Il s’agit de suivre celle-ci tout au long de son histoire, de recréer son parcours à travers la mythologie, depuis ses débuts nocturnes jusqu’à l’avènement de l’auto-conscience. C’est une anamnèse dans laquelle la conscience (Bewusstsein) est saisie par le philosophe de Leonberg dans la littéralité d’un être-su, et dont le but est de parvenir à ce savoir dans la conscience de soi (Selbstbewusstsein). Il est également question d’un savoir de Dieu, un accès à la théologie ou science supérieure pour la philosophie. À cet égard, la conscience humaine n’est pas dissociable de la religion, elle est essentiellement religieuse dans le sens où elle tisse un lien réel avec Dieu. Schelling la définit comme « celle qui pose Dieu », un principe théothétique, voire théo-génétique. Ainsi, la mythologie se présente comme une histoire des dieux, une théogonie dans laquelle la conscience produit, de manière inconsciente, les représentations de ces dieux. Ces dernières naissent d’un processus indépendant de la pensée, tout en étant capable de l’élargir. Pour cette raison, dans la philosophie de la mythologie, le philosophe cherche à se rapprocher de l’expérience mythologique, entrant dans l’objet sans aucun a priori. Celui-ci, pour retrouver son passé immémorial ou imprépensable, revisite les faits et événements effectifs de cette genèse à travers une expérience propre, marquée par un choc et un basculement. À son terme, la mythologie nous apparaît dans son ensemble comme issue d’un premier mouvement de rupture, suivi d’une réconciliation ultérieure avec Dieu. Cependant, notre recherche ne s’arrête pas aux représentations mythologiques, qui sont de caractère nécessaire. Elle poursuit son chemin vers l’événement décisif de la Révélation chrétienne. Cette dernière est un fait objectif, entièrement indépendant de la conscience, et inaugure en même temps l’histoire supérieure et providentielle par l’acte d’un vouloir libre. La Révélation chez Schelling ouvre la voie non seulement à des connaissances inattendues, mais aussi à l’anticipation des événements à venir, comme l’aboutissement ultime d’une conscience absolue, à la fois universelle et particulière.