Thèse en cours

Archéométrie et reconstitution du mortier de chaux des constructions antiques du nord-est de l’Algérie : le cas du site d'Hippone

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Auteur / Autrice : Mohamed sofiane Djerad
Direction : Jacques Des courtilsKhedidja Boufenara
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Archeologie, ethnologie, prehistoire
Date : Inscription en doctorat le 21/10/2016
Etablissement(s) : Bordeaux 3 en cotutelle avec Université Badji Mokhtar-Annaba
Ecole(s) doctorale(s) : Montaigne-Humanités
Partenaire(s) de recherche : Equipe de recherche : Institut de recherche sur l'Antiquité et le Moyen Age

Résumé

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L’utilisation répandue du mortier de chaux dans l’architecture romaine témoigne de son importance et de sa durabilité. De nombreuses études ont examiné les recettes et les adaptations régionales de ce matériau, mettant en évidence le rôle crucial du savoir-faire des artisans locaux dans sa production. La présente étude se concentre sur le site archéologique d’Hippone en Algérie en explorant les méthodes de préparation et d’utilisation du mortier de chaux par les artisans de la cité. Trois hypothèses sont avancées quant à l’approche adoptée par ces artisans : une adaptation empirique des « recettes » aux ressources locales, une stricte conformité aux « normes romaines » rapportées par des textes antiques ou une combinaison des deux approches. Dans cette étude, des méthodes archéométriques telles que la pétrographie, la microscopie optique à cathodoluminescence (CL) et la microscopie électronique à balayage (MEB) couplée à la spectrométrie à dispersion d’énergie (EDS) sont employées pour analyser les échantillons de mortier de chaux. L’objectif étant de déterminer leur composition et l’origine des matières premières utilisées par les artisans d’Hippo Regius. Les résultats sont ensuite confrontés aux données archéologiques et géologiques, ainsi qu’aux textes anciens d’auteurs tels que Caton l’Ancien, Vitruve et Pline l’Ancien, pour comprendre la production de la chaux et de la mise en œuvre du mortier de chaux dans la cité d’Hippone. Outre la portée méthodologique de ce travail dans le contexte général des études sur les mortiers romains, cette recherche met en évidence une appropriation par les artisans d’Hippo Regius des préceptes énoncés dans les traités anciens, lesquels étaient principalement mis en œuvre dans l’Italie romaine. Enfin, cette thèse permet également d’apporter un éclairage sur l’emploi par les artisans de la cité de diverses matières premières. Celles-ci comprennent à la fois des ressources locales comme les calcaires d’Aïn Kerma et les sables locaux, ainsi que des importations telles que la pouzzolane naturelle en provenance des dépôts pyroclastiques des champs Phlégréens, principalement de Pouzzoles.