Thèse en cours

L’atelier de l’artiste au XXIe siècle, un espace politique et idéologique. Enjeux, frictions et émancipations possibles pour des espace-temps variables

FR  |  
EN

Accès à la thèse

Triangle exclamation pleinLa soutenance a eu lieu le 01/12/2022. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Nathalie Guimbretiere
Direction : Valérie Arrault
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : ARTS spécialité Arts plastiques
Date : Inscription en doctorat le
Soutenance le 01/12/2022
Etablissement(s) : Montpellier 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : RIRRA 21 - Représenter / Inventer la Réalité du Romantisme à l'Aube du XXIe siècle
Jury : Président / Présidente : Cécile Croce
Examinateurs / Examinatrices : Valérie Arrault, Emmanuel Mahé, Céline Caumon
Rapporteurs / Rapporteuses : Emmanuel Mahé

Résumé

FR  |  
EN

En quoi l’atelier de l’artiste, dans ses pratiques individuelles et collectives, implique-t-il de nouvelles modalités de représentation, de production et de diffusion au XXIe siècle ? Ces nouvelles modalités permettent-elles de défendre l’idée d’une pratique artistique émancipatrice ? L’atelier, à la confluence de l’environnement et du processus de création de l’œuvre, est ici convoqué non comme lieu, mais en tant que générateur de processus. Il en porte l’empreinte, en épouse toutes les évolutions et les transformations. Cela fait émerger des problématiques qui touchent à la fois à l’identité, à l’altérité et à la position dans le monde de l’atelier et, par-là même, à la pratique artistique. Cette thèse se propose de renouer avec une dimension matérielle des technologies numériques utilisées par les artistes, en déplaçant l’atelier de l’artiste sur scène, et dans des contextes géographiques et humains choisis. Ces recherches s’appuient sur un travail pluridisciplinaire mené sur l’incidence des technologies contemporaines sur les pratiques artistiques, et sur les enjeux sociétaux, imaginaires et scientifiques, qu’elles soulèvent. Les possibilités ouvertes par les technologies numériques et multimédias pour susciter des relations sensorielles et générer des interactions imprévisibles - liées au vivant et à l’univers - sont mises à l’épreuve d’objets créés avec des techniques d’atelier plus anciennes (moulages en plâtre, métal, bois). Ce jeu de va-et-vient entre numérique et non-numérique engage des modifications de l’appréhension de l’espace et des différentes temporalités à l’œuvre quand il s’agit de questionner l’impact du numérique sur les sociétés humaines. Cherchant à dépasser l’articulation traditionnelle entre conception et fabrication, entre art et artisanat, l’argumentation développée tout au long de cette recherche-création défend l’idée d’une création de résistance, où l’artisanat et les pratiques de fabrication n’appartenant pas au monde de la création artistique sont susceptibles d’être un moyen de repenser les productions artistiques numériques, et pour renouveler la création en commençant par s’écarter ou s’abstraire des stéréotypes de fabrication. Mobilisant des auteurs comme Etienne Souriau et Jurgen Habermas, Walter Benjamin et Theodor W. Adorno, Aby Warburg et Hannah Arendt, le travail de conceptualisation réalisé permet d’opérer un retour réflexif sur ces recherches et pratiques artistiques, et d’en situer les enjeux au regard d’un certain nombre de pratiques artistiques historiques, telles celles de l’art numérique, de la performance et de l’hacktivisme. La méthodologie choisie s’appuie sur les champs de l’esthétique et ceux de l’école philosophique de l’analyse critique. Une analyse sociocritique des réalisations est proposée afin d’évaluer les enjeux socio-idéologiques des créations réalisées, ainsi que d’interroger les problématiques qui se nichent au cœur des arts d’une reproductibilité numérique. La démarche de recherche-création fait l’objet d’une analyse constante au prisme de la méthode poïétique de Paul Valéry et René Passeron. L’argumentation développée vise avant tout à mettre à jour des méthodologies pratiques ainsi qu’un cadre conceptuel partageable, susceptibles d’être réinvestis par d’autres praticiens, en art, esthétique et design.