Thèse en cours

Pêche artisanale sénégalaise et gouvernance du changement climatique

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Triangle exclamation pleinLa soutenance a eu lieu le 01/10/2018. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Adama Mbaye
Direction : Marie-Christine Cormier-SalemAbdou Salam Salem
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Socioanthropologie
Date : Inscription en doctorat le 08/01/2015
Soutenance le 01/10/2018
Etablissement(s) : Paris, Muséum national d'histoire naturelle
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Sciences de la nature et de l'Homme - Évolution et écologie (Paris ; 1995-....)

Résumé

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Cette thèse s’intéresse à l’adaptation aux changements climatiques dans la pêche artisanale sénégalaise et plus spécifiquement aux stratégies d’adaptation des pêcheurs et aux mesures politiques mises en œuvre. Le point de départ de ce travail de recherche est le constat que l’Etat du Sénégal, les ONG et les bailleurs de fonds mettent en place depuis quelques années, des mesures d’adaptation au changement climatique à travers de nombreux programmes et projets. Néanmoins, la grande majorité des pêcheurs ne semblent pas se retrouver dans ces mesures. Dans ce contexte, l’objectif de cette thèse est d’en analyser les raisons. Elle part de l’hypothèse qu’il y a une difficulté à traduire concrètement, dans le secteur de la pêche, les politiques d’adaptation au changement climatique au Sénégal du fait, (1) de la non-prise en compte des savoirs et pratiques des pêcheurs face au changement climatique et, (2) de la difficulté à traduire le concept d’adaptation au changement climatique tel que conçu par les politiques (internationales et nationales) sur le terrain de la pêche artisanale. En considérant que les interventions des projets dans l’adaptation au changement s’inscrivent dans les politiques de l’aide internationale au développement, nous préconisons une approche de socio-anthropologie du développement. Ainsi, à travers les outils ethnologiques et ethnographiques utilisées par cette discipline, nous avons d’une part, analysé de manière fine, les savoirs des pêcheurs sur les différents paramètres climatiques ainsi que leurs pratiques de pêche, en prenant l’exemple des pêcheurs guet-ndariens présents sur les principaux centres de pêche du Sénégal. D’autre part, nous avons analysé les politiques internationales et nationales en matière d’adaptation, leur traduction sur le terrain ainsi que leur adéquation avec les préoccupations des pêcheurs. De cette manière, la thèse démontre que les pêcheurs ont longtemps privilégié les savoirs traditionnels, constitués d’un ensemble de connaissances et de raisonnements qu’ils utilisent pour rentabiliser au maximum les sorties et faire face aux aléas du climat. Notre travail montre en revanche, que dans les politiques étatiques, le changement climatique a toujours été considéré comme biophysique et donc relevant du domaine de la gestion de l’environnement. Le Plan d’Action National d’Adaptation et la Stratégie Nationale de Mise en Œuvre se sont en conséquence focalisés sur les vulnérabilités plus naturelles que sociales. Ainsi, la plupart des projets et programmes ont mis l’accent sur la vulnérabilité de la zone côtière sans une véritable distinction entre les actions qui impactent directement les revenus tirés de la pêche et celles qui améliorent les conditions physiques des communautés littorales. Le Plan National d’Adaptation sectoriel de la Pêche, qui devait prendre en compte les préoccupations des pêcheurs, s’est résumé à un renforcement de la politique de gestion des ressources halieutiques et aux mesures de conservation. Il a ainsi occulté les intérêts immédiats des pêcheurs dont les pratiques sont considérées comme aggravant la situation. Ainsi, tout appui aux pêcheurs, dans le but de leur permettre d’améliorer leurs captures, est jugé contraire à la politique d’adaptation. En ce sens notre travail est une contribution à l’analyse critique des politiques d’adaptation au changement climatique. Elle invite à considérer celles-ci comme une problématique de développement, tant les vulnérabilités littorales apparaissent plus sociales que bioécologiques et les solutions relevées davantage de la gouvernance que de la gestion stricto sensu des ressources halieutiques.