Thèse en cours

Arts plastiques et artistes femmes au Japon de 1970 à 1985 : au carrefour de l’art et du féminisme

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Triangle exclamation pleinLa soutenance a eu lieu le 27/09/2023. Le document qui a justifié du diplôme est en cours de traitement par l'établissement de soutenance.
Auteur / Autrice : Asuka Ikeda
Direction : Claire Dodane
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Études transculturelles
Date : Inscription en doctorat le 01/11/2014
Soutenance le 27/09/2023
Etablissement(s) : Lyon 3
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Lettres, langues, linguistique, arts (Lyon)

Résumé

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Le présent travail a pour objectif d’analyser des expressions et postures féministes des plasticiennes sur le territoire japonais. Focalisée sur les années 1970 et le début des années 1980, l’étude se penche sur une période cruciale de l’histoire féministe du XXe siècle. Dans certains pays comme les États-Unis, le mouvement de l’art féministe, parallèle au mouvement social des femmes, est bien connu. Pourtant, en ce qui concerne le Japon, peu d’études liées à ce contexte social de la montée du féminisme (le Ûman ribu) ont été faites jusqu’à nos jours. Notre étude souhaite reformuler au mieux ce rapport, parfois ambigu et hésitant, mais bien perceptible chez certaines plasticiennes, et ainsi dégager leurs enjeux féministes à travers une analyse des contextes sociopolitiques et biographiques de chaque protagoniste. Le « regard » et le « corps » sont abordés comme des concepts ayant des potentiels communs à l’art et au féminisme, notamment en ce qui concerne une quête commune de liberté. Dans un premier temps, nous nous intéressons au mouvement social féministe Ûman ribu avec l’ambition de comprendre la place de l’art et de la culture dans celui-ci en analysant la volonté d’expression de quelques activistes qui se trouvaient proches de la sphère artistique (le Groupe de pensée S.E.X. et Takeda Miyuki). Si ces activistes ont problématisé le regard et le corps, dans quelle mesure les artistes contemporaines se sont-elles emparé de ces thèmes ? À partir de cette interrogation, la partie suivante aborde des artistes comme Yamaguchi Harumi, Ishioka Eiko, Ishikawa Mao, Kusama Yayoi, Kishimoto Sayoko, Tsuboi Asuka et Yagi Mariyo. Enfin, nous considérons dans la dernière partie trois plasticiennes ayant eu des liens avec le mouvement féministe (Ishiuchi Miyako, Tomiyama Taeko, Idemitsu Mako) afin de mettre en lumière les motivations féministes de leurs œuvres. Notre étude révèle ainsi une multiplicité des idées autour du corps féminin, mises en cause ou exprimées à travers les réalisations artistiques : corps objet, corps sexualisé, corps libre, corps scandaleux, corps indépendant, corps magnifié, corps maternel, corps douillet, corps de pouvoir, corps souillé, corps chargé de fardeaux, corps en colère, corps contrarié… D’une part, la position des artistes à l’égard du féminisme et de la féminité est diverse et variée. D’autre part, nous mettons également en lumière quelques éléments communs comme la réflexion autour de certaines situations typiquement japonaises, sociopolitiques, culturelles et économiques sur lesquelles se fondent des expressions féminists : les guerres du XXe siècle, le colonialisme, la société patriarcale et misogyne ou le Japon productiviste et capitaliste.