Thèse en cours

Les nouvelles formes d'engagement civique au sein des associations anti-pauvreté dans le Japon d'aujourd'hui

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Auteur / Autrice : Marie-Cécile LE COZ
Direction : Bernard Thomann
Type : Projet de thèse
Discipline(s) : Sociologie, anthropologie, ethnologie
Date : Inscription en doctorat le 01/10/2014
Etablissement(s) : Paris, INALCO
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Langues, littératures et sociétés du monde (Paris)

Résumé

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Cette thèse analyse l’impact dans le Japon contemporain de l’action d’activistes qui, engagés dans la défense des sans-abri, se montrent critiques de l’inaction de l’État face à la montée de la pauvreté observée au cours de l’ère Heisei. Profitant du vote de la loi de 1998 sur les organisations à but non lucratif, ils fondent des associations d’aide aux plus démunis qui ont pour ambition de faire en sorte que la pauvreté ne soit plus ni stigmatisée, ni considérée comme un problème du seul ressort de l’individu mais comme une question de société, exigeant de la part de l’État une réponse appropriée au nom du droit de la personne de mener une vie matérielle et culturelle décente. Par leur dénonciation continue des politiques préjudiciables aux personnes défavorisées et des préjugés solidement ancrés dans la population à l’égard des plus pauvres, ils ont amorcé une timide évolution de la société civile sur la question de la pauvreté et encouragé la résurgence de formes de démocratie participative à laquelle ils contribuent activement. Après avoir tout d’abord dressé un état des lieux de la pauvreté au Japon afin de préciser le contexte dans lequel se sont développées les associations anti-pauvreté, je démontre ensuite leur rôle central dans la prise de conscience du phénomène de la pauvreté au Japon en tant que problème social, à travers notamment l’opération Toshi Koshi Haken Mura (village des intérimaires) qui à la fin de l’année 2008 ouvre les yeux à une société qui ne pensait être formée que d’une seule classe moyenne. Enfin, j’analyse la façon dont leur utilisation des réseaux sociaux aussi bien dans le cadre de projets d’envergure que lors de leurs activités courantes concourt à la transformation graduelle de la société japonaise d’où émerge peu à peu, à l’image des membres de ces associations, la figure d’un citoyen japonais engagé dans une démocratie plus horizontale et de proximité.