Une poésie en trompe-l'oeil : la poétique de Théocrite dans les Idylles XXIV, XV et VII

par Louise Bouly de Lesdain

Projet de thèse en Langues et littérature anciennes

Sous la direction de Fabienne Blaise.

Thèses en préparation à Lille , dans le cadre de École doctorale Sciences de l'homme et de la société (Villeneuve d'Ascq, Nord) depuis le 01-12-2014 .


  • Résumé

    La littérature savante consacrée au Idylles de Théocrite souligne qu’une forme de « réalisme », à la fois singulière et particulièrement complexe, caractérise ces poèmes. Se montrant soucieux de vraisemblance et accordant une attention remarquable aux réalités quotidiennes et banales, ces poèmes suscitent des effets de réel qui, paradoxalement, semblent mis en œuvre de sorte à ne pas fonctionner, et signalent la distance qu’ils prennent vis-à-vis des traditions poétiques avec lesquelles ils manifestent une filiation. Cette thèse se propose d’éclairer le fonctionnement de ce « réalisme » théocritéen au moyen d’une analyse minutieuse des Idylles XXIV (1-63), XV et VII (hors chants), trois poèmes sélectionnés pour être représentatifs de la diversité du corpus. Ceux-ci font chacun l’objet d’une étude spécifique visant à mettre en évidence la relation étroite qui unit la manière dont le poète retravaille les traditions poétiques qu’il mobilise et le « réalisme » de l’œuvre. À l’image du trompe-l’œil, le poème exploite les effets de réel qu’il suscite – ou plutôt, chez Théocrite, feint de susciter – de sorte à rendre sensible l’acte de création qui en est à l’origine. L’analyse des poèmes conduit à montrer qu’il y a, chez Théocrite, une réflexion globale sur l’œuvre, considérée non seulement en tant qu’elle est le fruit du travail opéré par le poète sur le matériau qu’il hérite, mais aussi en tant qu’elle est adressée. Le poème est en effet essentiellement composé pour être reçu, et c’est en dernier lieu au public que revient le rôle de trancher sur la « vérité » de l’œuvre élaborée par le poète.

  • Titre traduit

    Poetry as trompe-l'oeil : the poetics of Theocritus in the Idylls 24, 15 and 7


  • Résumé

    The scholarly literature devoted to Theocritus’ Idylls emphasizes that a form of “realism”, both singular and particularly complex, characterizes these poems. Concerned with verisimilitude and paying remarkable attention to everyday and banal realities, these poems create effects of reality that, paradoxically, seem to be implemented in such a way as not to be effective; besides they signal the distance they take from the poetic traditions with which they show a filiation. This thesis proposes to shed light on the way this theocritean “realism” functions by means of a meticulous analysis of Idylls 24 (1-63), 15 and 7 (excluding songs), three poems selected to be representative of the diversity of the corpus. Each of them is the subject of a specific study aimed at highlighting the close relationship between the way the poet reworks the poetic traditions he mobilizes and the “realism” of the poems. Like trompe-l’œil, the poem uses the effects of reality that it creates – or rather, in Theocritus’ case, pretends to create – in order to make the creative act that is at its origin perceptible. The analysis of the poems leads to show that there is, in Theocritus, a global reflection on the work, considered not only as the fruit of the work done by the poet on the material he inherits, but also as it is addressed to its audience. The poem is indeed essentially composed to be received, and it is ultimately the public that has the role of deciding on the “truth” of the work elaborated by the poet.